35° LA REVUE SOCIALISTE les cultivateurs auront droit à des avances spéciales, justifiées l}ar les nécessites de leur profession. Il leur sera ouYert, des la première année de leur prise de possession d'un lot, un crédit en bestiaux, matériel agricole, engrais, semences, amendements et en espèces pour leur permettre de vivre en attendant la récolte. Ce crédit ne sera jamais remboursé, mais par la suite wus les achats du cultivateur seront faits au comptant, ce qui lui sera facile puisqu'il aura vendu ses produits. Les possesseurs de 1ots devront maintenir,constamment une quantité de matériel et de bestiaux au moins égale à celle qu'ils auront reçue en entrant, sous peine d'expulsion. En vertu du principe de solidarité sociale, dont il bénéficiera comme tous les autres citoyens, le cultiYateur malade ou blessé recevra à titre gratuit, non seulement les soins médicaux et les remèdes, mais encore une aide supplémentaire. En cas de destruction de tout ou partie de son avoir par l'incendie, la foudre, la grêle, l'inondation, l'orage ou toute autre cause exceptionnelle de perte, il sera intégralement indemnisé. La sécheresse, la gelée et autres risques ordinaires de la e-ulture ayant leur compensation dans les années prospères, ne donneront lieu à aucune indemnité. Les élèves des fermes-écoles cantonales en sortiront avec le titre de jôurnaliers de première classe. Les jeunes gens qui n'auront point été admissibles dans les fermes-écoles seront mis en apprentissage chez des cultivateurs; leur nourriture, leur entretien et une petite rétribution supplémentaire seront à la charge de l'État; au bout de trois ans, ils seront journaliers Je troisième classe. Les journaliers agricoles seront chargés non seulement de prêter leur concours aux cultivateurs, mais d'exécuter tous les travaux agricoles <l'utilité communale : défrichements, reboisements, irrigations, drainages, che!Tiins, exploitations forestières, etc. Toutes les branches de la: production agricole recevront une impulsion énergique. La culture du mùrier, restaurée dans le midi de la France, eJ:.développée dans nos colonies, nous dispensera d'allerchercher à l'étranger la matière première de nos manufactures de soieries. La pisciculture, repeuplant nos étangs et cours d'eau dévastés, apportera un utile contingent à l'alimentation générale. Il en sera de même de tout le reste. Rien ne sera impossible avec une organisation simple et forte et des ressources illimitées en maind'œuvre. Nous parlerons au chapitre ·des colonies de l'agriculture coloniale.
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