LA REVUE SOCIALISTE On voit par cc qui vient d'être dit quel sera le rôle du directeur départemental. Dans la moitié ou le tiers des départements il sera créé des instituts agronomiques dans lequel il sera donné un degré d'instruction agricole supérieure à celle des fermes-écoles. Ce sera la pépinière des directeurs communaux. Au ministère on centralisera tout ce qui ne pourra pas avoir été réglé par les autorités locales. Ainsi la sélection des semences ne pourra être faite utilement que par l'autorité qui aura un échantillon des semences de tous les départements. Les commandes d'engrais, amendements, instruments aratoires, également centralisées au ministère, seront transmises par ses soins aux différentes usines qui livreront directement à chaque commune. Le directeur répartira entre tous les intéressés. Enfin le ministère équilibrera la production en retirant l'excédent de certains départements pour le diriger sur ceux où il y aurait insuffisance. S'il y a excédent sur la consommation géncrale, il le livrera au commerce extérieur qui l'écoulera à l'étranger. En rcsumé, tandis que le cultivateur actuel, livré à ses propres moyens intellectuels et pécuniaires, incertain sur la possibilité d'écouler ses produits à un prix rémunérateur, se débat au milieu de difficultés de toute nature, l'organisation collectiviste 1ui rend tout facile et 1ui assure une sécurité complète. Il n'y a pas à craindre que, dans des conditions aussi favorables, les récoltes tombent jamais au-dessous des besoins. Le contraire serait plutôt a redouter; mais il est très aisé d'éviter l'exagération de la production, comme on va le voir. La statistique de la consommation indiquera la quantité nécessaire; on la majorera pour tenir compte des mauvaises récoltes et on fixera ainsi la quantité à produire. Le ministre la répartira entre les départements, d'où la répartition sera faite successivement dans les cantons et dans les communes. Le conseil municipal de la commune, sur la proposition du directeur communal, fixera, en tenant compte des conditions spéciales de chaque lot, le nombre d'hectares à ensemencer par chaque cultivateur. Il n'y a pas à s'effrayer de ce travail de répartition : il sera à peu près invariable, et au début il se fera à peu près de lui-même par les habitudes anciennes. Cependant il permettra quand il y aura lieu, de restreindre certaines cultures et d'en développer d'autres; bref, on pourra toujours pourvoir largement à tous les besoins sans jamais les dépasser. Nous avons déja dit que pour se prémunir contre les variations des récoltes, on établirait, dans les années d'abondance, de fortes réserves qui se consommeraient pendant les années mauvaises et au besoin seraient écoulées à l'étranger.
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