LA REVUE SOCIALISTE grande majorité des thèmes ressortissent soit à l'enseignement primaire supérieur, soit a l'instruction secondaire. Puis, quand les « élèves » trouvent-ils le temps d'appliquer l'éducation « syndicale, coopérative, politique », alors qu'il y a séance chaque soir? Il nous tarde d'arriver a l'unique tentative socialiste d'extension universitaire qui se soit produite à Pans jusqu'a cc jour. Pour être complet cependant, nous ne pouvons éviter de rappeler les méritoires initiati\'es qu'ont prises, a\'cc leur « salon forain » !t:s peintres de !vlontmartre, cette capitale indirecte ju monde, comme chacun sait, et avec ses soirées populaires de littérature et de musique, M. Maurice Bouchor, poète qui, non content d'un t:ilent rare, s'offre le luxe de comprendre son époque et d'avoir du caractère. Disons en passant que quelqu'un s'occupe d'organiser dans le quatorzième arrondissement, pour la prochaine fête du Lion de Belfort, une baraque d'art, salon forain avec sbnces de musique et de poésie. L'œuvre par où nous terminerons cette sorte d'inspection est l'Institut d'ethnographie compar~e que Henri Galiment a fondé en 1891. Elle est bien connue des lecteurs de la Revue Sncialisle, Benoît Malon ayant été l'un des premiers à la patronner. Le « répondant » scientifique fut )'École d'anthropologie. L'Institut était annoncé comme voué a l' « enseignement populaire supérieur de la science des civilisations », a titre de préparation aux cours de !'École en question. Durant les deux premières années le siège fut à la Bibliothèque socialiste du cinquième arrondissement, rue Mouffetard. Puis on le transféra rue Dauphine, dans le local commun au syndicat des relieurs et à l'Union socialiste rl!volutionnairc du sixième arrondissement. Pour célebrer cette prise de possession de l'arrondissement clérical par excellence, on avait annoncé deux grandes conférences à la mairie de la place Saint-Sulpice, l'une sous la présidence de René Viviani, par Eugéne Fournière, sur Benoit Malon et son œuvre; l'autre, sous la présidence de Marcel Sembat, par le docteur Albert Regnard, sur le centenaire du culte de la raison. L'administration préfectorale refusa naturellement la salle, et ce fut en vain que protesta le citoyen Édouard Vaillant, alors conseiller municipal. Aussi bien, l'Institut était si catégorique dans ses déclarations statutaires l Il ne se promettait rien moins que de dégager, de l'analyse des civilisations échues, « les grandes lignes de la société démocratique, égalitaire, dont la République a pour mission de faciliter l'avènement ». Et ses membres s'engageaient a faire « pénétrer dans les cerveaux la conception positive des phénomènes sociaux, et habituer le peuple à mépriser les sauveurs, les hommes providentiels, dont les visées ambitieuses ont retardé depuis des années l'accomplis-
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