. ' L'EXTENSION UNIVERSITAIRE 331 prétendons que la connaissance du grec et du latin n'est pas indispensable pour comprendre, par exemple, en quoi consiste la philosophie de l'histoire ou pour se rendre compte de la théorie de l'évolution en biologie. L'.enseignement supérieur populaire, tel que nous le comprenons, doit amener les bons esprits qui n'ont pas bénéficié de l'enseignement secondaire au même degré de dé\'eloppement intellectuel que ceux qui en ont été nourris; cela ne dépendra que du mode d'enseignement, de la méthode suivie. L'éducation populaire du peuple sera son affranchissement définitif; mais, pour atteindre ce but, l'esprit de la masse doit recevoir l'empreinte d'un enseignement supérieur scientifiquement coordonné, qui, seul, est susceptible de développer le jugement sur des hommes et sur les solutions rationnelles des questions politiques et sociales. » L'œuvre devait donc être nettement démocratique, anticléricale, matérialiste. Elle l'est en effet. Mais elle n'est que cela. M. Levraud, dans le rapport qui fit adopter la proposition, parle bien aussi d'anticapitalisme, _.: et même avec une véhémence dont l'on sourit après les élections législatives de 1898. Les phrases voulues .furent prononcées très haut, pour la tribune du public et un ou deux des journalistes présents. C'était d'ailleurs la période héroïque de notre assemblée communale.· Le seul fait que l'administration préfectorale n'usa point de son droit de véto, et qu'elle n'a jamais encore exigé une suppression ou suspension de cours, établit surabonçlamment que le socialisme n'était et n'est pour rien dans l'entreprise. Les deux premiers cours, - biologie, histoire universelle, - furent ouverts en décembre 1889. On n'était pas « allé à côté » pour le choix des professeurs : Georges Pouchet et Louis Ménard. Le premier a eu pour successeur le docteur Retterer. En 1890, des cours d'histoire nationale et d'histoire de Paris furent confiés respectivement à MM. Marillier et Manin. En 1891, le docteur Martin inaugura un cours d'hygiène sociale, et André Réyille un cours d'histoire du tra- ·vail. En 1892, surgirent un cours d'histoire des sciences avec M. Daniel Berthelot, et un cours d'anthropologie avec le docteur Verneau. Les cours ont lieu deux ou trois fois par semaine, du commencement d'octobre à la fin de juin. Le docteur Martin y ajoute, dans la matinée du dimanche, des excursions démonstratives par la ville et la banlieue. Presque chaque leçon ~e complète par une causerie avec les éléves les plus passionnés. Certains maîtres distribuent des programmes, des cartes et plans. Nous retrouvons là la classe et le syllabus des settlements. Par bonheur il manque, pour achever la ressemblance, les examens. Chaque professeur est rétribué à raison de 6,000 francs, et il lui
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