L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE 201 que des millions de malheureux manquent du nécessaire tandis que des forces. productives suffisantes pour pourvoir a leurs besoins restent inactives. Cette .constatation n'est-elle pas la condamnation de la société actuelle? L'État collectiviste, au contraire, a pour point de départ l'ensemble des besoins, en assurant aux moins favorisés même un minimum très satisfaisant. Il règle la production en conséquence, sans avoir à se préoccuper de prix de vente ni de bénéfice. Pour lui ces considérations n'existent pas; il li'vre les marchandises au prix qu'elles lui ont / coûté a lui-même. Il ne se préoccupe donc pas de la valeur, mais de la quantité. 1 Ainsi la production, organisée en vue de l'utilité générale, ne sera arrêtée par aucune barrière; tous les objets produits seront répartis •entre les adultes des deux sexes sur le pied de l'égalité, avec majorations proportionnelles aux services rendus par chacun à la société; les enfants auront droit à une part moindre. L'extension indéfinie de la production assurèra donc le bien-être de tous. Il n'est pas possible de douter· de cette extension après avoir lu les deux chapitres précédents. Considérons d'abord isolément le chapitre III. On doit reconnaître que dans la société actuelle la production n'est pas sensiblement inférieure aux besoins les plus stricts : il ·faut bien que les pau.vres trouYent moyen de se procurer des aliments grossiers en quantité a peu près suffisante; sans quoi ils mourraient de faim, au sens propre du mot. Par conséquent, une augmentation relativement faible de la production ferait naître l'abondance. Eh bien, que nos plus acharnés adversaires réduisent à plaisir les chiffres de notre chapitre III; qu'ils en discutent les appréciations autant qu'ils voudront. Ils n'arriveront pas à pouvoir sérieusement nier que l'organisation collective de la production ait pour effet d'accroître d'au moins 25 à 30 °/o la quantité des objets produits. Ces chiffres sont bien modestes lorsque nous avons prouvé, en nous basant sur des documents indiscutables, que la production pourrait être triplée. Cependant cette faible plus-value suffirait pour satisfaire tous les besoins, c'est-a-dire supprimer la pauvreté, sans porter atteinte à la richesse. Et alors, reprenant les constatations du chapitre II, nous ajoutons que ce résultat si désirable serait obtenu tout en réalisant sur la maind'œuvre une économie de 6,500,000 travailleurs. Veut-on, là aussi, discuter et rogner nos chiffres, si sérieusement établis d'après des évaluations minima? Soit. Mettons que l'économie sera de 4 millions seulement. C'est donc 4 millions de bras qui, devenant disponibles, pourraient être répartis sur toutes les branches de la production.
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