LA REVUE SOCIALISTE La gendarmerie et la police (47,824) pourront être réduites de moitié au moins, soit de 23,912 car on verra que la criminalité baissera considérablement dans la société collectiviste. - Par la même raison, et à cause de la suppression presque complète des procès civils et commerciaux, les magistrats (II, 332) tomberont de 9,065. La récapitulation de ce chapitre donne 1,040,406 suppressions d'emplois inutiles. GROUPES AGRICOLES Le plus nombreux et le plus utile de tous: 6,535,599 personnes dont 3,570,016 patrons (propriétaires, fermiers, métayers, horticulteurs, maraîchers, bûcherons et charbonniers) et 2,965,583 ouvriers journaliers et employés. Tout le monde sait que dans la saison des grands travaux, fenaison, moisson, vendange, labour, il n'y a jamais assez de bras à la campagne, mais que le reste du temps nombre de travailleurs demeurent inactifs. Jadis le battage au flcau de la récolte en grains employait beaucolip de journces ,d'hiver; aujourd'hui la généralisation du ·battage mécànique supprimè cc travail. Les chefs de culture, propriétaires, fermiers, métayers, réservent ordinairement à leur personnel habituel le peu d'occupation qui leur reste et n'emploient pas d'auxiliaires étrangers. C'est donc principalement sur les journaliers que porte le chômage. Nous avons fait une enquête approfondie sur cette question. Nous avons recueilli des renseignements précis dans un grand nombre de communes rurales, ou sont pratiquées des cultures différentes, et nous avons établi des moyennes basées sur les chiffres les plus modérés pour arriver à déterminer le nombre des journées perdues chaque année par les patrons et ouvriers agricoles. Nous avons constaté que les premiers en perdaient beaucoup moins que les derniers, et que le total pour les uns et les autres s'élevait à 301,911,000 journées par an. L'année de travail, déduction faite des dimanches et fêtes, étant de 300 jours, ces 301,911,000 journées représentent la perte complète de 1,006,370 ouvriers qui seraient inutiles si les autres pouvaient travailler 300 jours par an. Ce chiffre paraît gros à première vue; il devient tout de suite non seulement vraisemblable, mais très modeste quand on se rappelle que la population agricole active est de plus de 6,500,000 personnes. Comme ensemble entre patrons et ouvriers, il ne représente pas en temps perdu le sixième du temps de travail normal, soit une moyenne de 47 jours par homme et par an. Tous ceux qui connaissent le travail des champs savent que ce n'est pas là un chiffre excessif et qu'il est plutôt au-dessous qu'au-dessus de la réalité. \
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