La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

L'APPLICà TION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE matérielles mais étendue a tout ce qui rend l'homme meilleur et plus heureux. C'est a cep-oint de vue que nous allons tout d'abord examiner le système collectiviste, et il nous paraît logique de commencer par là. Ce système consiste essentiellement en la reprise par l'État de tous les moyens de production agricoles et industriels. Si l'État doit en faire un usage plus intelligent que le capital privé, et augmenter la quantité des objets de consommation, c'est-a-dire le bien-être de la nation, l'a\l~nernent du collectivisme est désirable. Si l'Etat devait au contraire, comme nos détracteurs l'affirment, prodLiire moins que l'ensemble des initiatives particulières, il faudrait rejeter le collectivisme, sans même se préoccuper des avantages - forcément insuffisants -- qu'il pourrait offrir en compensation. Les hautes productions sont, en effet, le critérium des hautes civilisations. Essayer de restreindre les besoins de l'homme, c'est tourner le dos au progrès. Voyons donc si la concentration de toutes les forces productrices doit donner de meilleurs résultats que leur dissémination. Quand l'affirmative sera démontrée, nous décrirons la stucture et les différents organes de la mécanique sociale, extrêmement simple, qui pourra réaliser ces résultats; nous en expliquerons le fonctionnement et prouverons ainsi, d'une part que le but de notre parti n'a rien de chimérique, d'autre part qu'il peut être atteint non seulement en sak1vegardant la liberté individuelle· mais en la rendant plus effective et pl us large. Enfin nous déterminerons la marche a suivre pour passer, rapide1pent et sans secousse, du présent douloureux et sombre a l'avenir rayonnant ouvert devant l'humanité. Telle est la tâche que nous nous sommes assignée. Nous pensons l'avoir consciencieusement remplie; mais il nous paraît superflu de nous défendre du ridicule de considérer nos conceptions comme l'expression de la vérité absolue. Elles sont simplement, ainsi qu'on le verra par la suite, une amorce, et peut-être une directive, a des élaborations plus approfondies. II FORCES DE TRAVAIL PERDUES PAR LA PRODUCTION INDIVIDUELLE Il existe dans la société actuelle des oisifs qui pourraient travaifler; en outre bien des personnes exercent des professions dont une meilleurè organisation permettrait de se passer en tout ou en partie, et sans être

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