La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Chambre du suffrage universel ne soit plus réduite car nous en sommes là - à être une Chambre d'enregistrement des volontés du Sénat. Nous voulons que la démocratie française jouisse, comme la démocratie suisse, du droit d'initiative des lois et du droit de ratification, c'est-à-dire du référendum. Quant au suffrage uni,·ersel lui-même, il faut l'organiser si l'on yeut qu'il constitue une garantie sérieuse. Je reconnais, cette justice leur est duc, que M. Méline et la majorité songent à la réforme du suffraae universel; tantôt sous le nom de M. Martinon, tantôt sous le 0 nom de M. du Perier de Larsan, ils ont trouve, apres de longues etudes, une réforme tout à fait dcmocratique : c'est celle du décret de 1852 ! (Rires el appla11disse111enls.) L'Empire, à ses debuts, avait estimé qu'un moyen d'assurer sa main-mise sur le suffrage universel, c'était de changer les bases de l'élection des députés, de substituer au nombre des habitants le nombre des électeurs, ce qui permet à l'administration, grâce aux tripatouillages des listes électorales, de décimer la représentation des villes qu'elle redoute et de favoriser les circonscriptions où le gouYerne111ent se croit sûr de la majorité. On nous propose de n:venir à cet heureux temps. Nous proposons autre chose : nous demandons l'organisation du suffrage universel de telle façon qu'il soit désormais une verité, c'està-dire qu'il soit d'abord sincère, que le secret du vote soit assuré, que les travailleurs des champs ou des villes ne soient pas obligés de défiler sous les yeux de leurs patrons pour aller déposer dans l'urne un bulletin que l'on reconnait à le voir passer. (Applaudisseme11fs.) Nous demandons aussi, parce que nous sommes un parti de justice et de liberté, que la Chambre soit réellement la copie réduite mais exacte du suffrage universel et que nous ayons en France, comme ailleurs, la représentation des minorités. Ces réformes politiques, dont j'énumère quelques-unes, ne sont que le véhicule des réformes sociales. De celles-ci, j'indiquerai seulement les plus essentielles. Nous considérons comme les plm importantes celks qui ont trait aux conditions mêmes du tra\'ail : la réglementation de la journée du travail, les réformes touchant l'hygiène et la salubritt'.: du tra'iail, celles ayant trait aux con.ditions mêmes dans lesquellt.:s le tra,•ail s'exerce, l'organisation de sa représentation dans un Conseil supt'.:rieur du travail élu par les travailleurs eux-mêmes. Ces réformes n'ont pas cessé d'avoir notre appui dans le passé. Il ne leur manquera p:is dans l'avenir. Ces reformes ne sont cependant pas d'essence socialiste; la société capitaliste peut et, par conséquent, doit les appliquer. En les défendant, lc parti socialiste a montré qu'il ne s'enferme pas dans sa tour d'i\'oire, il ne dit pas_: J'ai devant les yeux un idéal que je veux

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