La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

682 LA REVUE SOCIALISTE tituc le meilleur signe du développement de la culture. L'examen au microscope montre toujours les mêmes petits points à la limite de la visibilité. L'inoculation des cultures ( dixième passage) donne la maladie. On nous pardonnera de nous être arrêté un moment sur un point ' aussi uniquement technique. Nous ne pouvions y manquer en raison de l'importance pour l'avenir du travail de M. Nocard. Il permet en effet de nourrir un grand espoir et il fait le plus grand honneur à la science française. Il mènera à la découverte des microbesi11visibles même avec de forts grossissements et par conséquent il rend possible la recherche de microbes jusqu'à ce jour inconnus parce que, vu leur petitesse, ils passaient inaperçus. Cela, n'est-ce pas, est intéressant à connaître? • Le travail lu par M. Borel en son nom et au nom de M. Roux, présente pour nous un intérêt aussi grand mais d'un ordre plus direct. Il vient corroborer les idées défendues par nous-même dans notre récent rapport sur les asiles d'aliénés de la Seine. Pour faire comprendre l'importance de cette communication nous sommes obligé de reprendre les choses d'un peu haut, convaincu d'ailleurs que cette digression sera lue avec intérêt. C'est un cliché cette affirmation que dans le plus grand nombre de nos asiles les malades sont parqués en suite d'une vulgaire classification d'infirmier. L'origine de cet empirisme médical, on le trouve dans les puérilités de l'ancienne psychologie. L'âme était alors considérée comme d'une essence autre que le corps, et on classait les maladies en maladies de l'âme et maladies ordinaires. Mais depuis longtemps de savants médecins aliénistes s'évadent de ces naïvetés, qui ont fait de nos asiles des garderies tandis que les établissements destinés au traitement des maladies dites corporelles devenaient des hôpitaux (pour les cas aigus) et des hospices (pour les affections chroniques). Maintenant un grand mouvement est commencé pour traiter les maladies du cerveau comme les maladies des autres parties de l'organisme, et le travail dont nous ayons à parler prend place précisément parmi ceux qui traitent des fonctions du cerveau comme de celles 'de tout autre organe. ' Déjà en 1885, M. le docteur Magnan écrivait:« Dans ces dernières années, les études de physiologie cérébrale ont pris un tel développement que la constitution d'une psychologie, enfinséparéede toutemétaphysique, donc purement expérimentale, aèté rendue possible. Mais cette science ne pourra se constituer définitivement que d'une part, grâce a la physiologie du système nerveux en général, et du cerveau en particulier ... : »

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