LE CONGRÈS INTERNATIONAL D'HYGIÈNE DE MADRID 679 des sommités universitaires comme Brouardel, et les savants représentants du laboratoire de Pasteur, Nocard, Metchikoff et Borel. La France d'ailleurs y avait la délégation sinon la plus nombreuse du moins la mieux choisie, en ce sens - je me hâte d'achever, d'expliquer ma pensée, - qu'elle était composée des représentants d'intérêts divers, représentants de la science pure, de la science d'application, etc .... C'est ainsi qu'à côté des délégués des corps savants, figuraient les deux délégations de la Ville de Paris, l'administrative et l'élue, et la représentation du département de la Seine. Pour Paris le président du conseil, docteur Navarre; deux délégués de la cinquiéme commission (Assistancepnblique), Rébeillard et Paul Brousse; deux délégués de la sixiéme commission ( A,ssainissemeut), Berthaut et Félicien Pâris. Pour le département, au nom du bureau du Conseil général, Barrier et Adrien Veber. La délégation administrative était ainsi composée : pour la Préfecture de Police, Bezançon, chef de la division des Établissements classés et Bordas, sous-directeur du Laboratoire .municipal ; pour la Préfecture de la Seine, Bechmann, directeur du service de l'Assainissement, Martin (G .-J. ), inspecteur général du même service, Launay, ingénieur en chef, chef des travaux, Masson, inspecteur des travaux sanitaires qui dirige le si intéressant service des fiches de l'habitation; enfin, Bertillon, le directeur de la statistique municipale. Il y avait une lacune cependant dans la délégation parisienne : il n'y avait point de délégués des sociétés ouvriéres de la capitale. , Cependant quel intérêt n'y aurait-il pas pour les ouvriers d'aller apprendre sur lieux et par eux-mêmes à quelles prescriptions de l'hygiéne ils doivent astreindre leurs familles et eux-mêmes, et aussi quelles garanties sanitaires ils seraient en droit d'exiger dans les ateliers, chantiers, magasins, oü on les emploie? On dira certainement dans certains milieux, plutôt hostiles à cette innovation, qu'il n'y a point une hygiéne de classe; qu'en ces matiéres la science demeure une et ne varie pas avec la condition sociale des individus. Je réponds que la science de l'hygiéne comme toutes les autres, sous peine de demeurer spéculative, finit par se résoudre en une science d'application, et alors, qui oserait contester que les mesures à prendre varient avec les situations et deviennent ainsi des questions d'espéces? Pour ne prendre qu'un exemple, voici le décret de 1810 et toute la législation des· établissements classés; vous y voyez des prescriptions pour garantir les propriétés du voisinage, pour écarter les périls d'incendie. Il n'y a rien, mais rien de ~ien, en vue de protéger la santé des ouvriers. Ce que le conseil d'hygiéne et de salubrité de la Seine tente dans ce sens, il le prend sous son bonnet.
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