MOUVEMENT SOCIAL mique et politique, auquel ont droit tous les p.euples subjugués par la Turquie, et, de l'autre côté, présente un danger continu pour la paix universelle ; Considérant encore que l'Europe a reçu le droit, reconnu par les traités inter nationaux et sanctionné par la pratique diplomatique, de régler les affaires intérieures de la Turquie; Considérant, enfin, que les luttes intestines actuelles et acharnées, menées par les peuples balkaniques pour la possession de la Macédoine, luttes soutenues par les gouvernements et envenimées par les journaux chauvins de ces pays, les affaiblissent tous et les jettent entre les mains de leur ennemi commun - la diplomatie étrangère russe, autrichienne, ou n'importe quelle .autre - que de plus ces luttes non seulement mettent en grand danger !'in- •dépendance politique des pays balkaniques, mais sont encore très nuisibles à la Macédoine elle-même, en divisant ses forces et son unité et en la livrant sans défense à l'arbitraire du sultan. Les citoyens de Sofia : 1° Protestent contre le régime actuel dans tout l'empire turc et dans le cas donné contre les atrocités en Macédoine; 2° Font appel à l'opinion publique en Europe et surtout à ses partis démocratiques pour demander l'autonomie politique pour la Macédoine aussi bien que pour les autres provinces turques; 3° Condamnent le plus énergiquement les meurtres et les persécutions actuels en Macédoine, et exercés par les différentes propagandes : bulgare, serbe, grecque ou roumaine ; 4° Font appel aux peuples balkaniques et aux partis progressistes de la péninsule balkanique pour s'entendre mutuellement sur une même revendication : celle de l'autonomie aussi bien pour la Macédoine que pour les autres provinces turques et de renoncer tous à toute pn:tention ultérieure sur la Macédoine. Cette autonomie doit s'étendre pour la Macédoine sur les départements et cantons avec droit de choisir comme langue officielle, pour les affaires de la localité, celle de la majorité de la population cantonale et d'admettre plusieu"rslangues officielles pour les affaires communes du pays - ainsi qu'il est fait en Suisse; - elle donnera, par conséquent, possibilité à tous les groupes nationaux, si petits qu'ils soient, de développer leur nationalité. Une entente semblable sur la question de Macédoine mettra fin aux luttes intestines dans les pays balkaniques et créera pour eux les conditions nécessaires à une action commune contre le gouvernement turc et les intrigues diplomatiques étrangères, ce qui sera d'une grande utilité pour eux et d'un grand intérêt pour la paix européenne ; 5° 'Autorisent le bureau à répandre cette résolution dans la presse balkanique et européenne. Sofia, le 2 janvier 1898. Le Bureau A.· lVANOFFpeintre, président; - T. BANCOFF,cordonnier, membre; - N. GEORGIEFFt,ailleur; - N. GLAVINOFF,menuisier; - A. VASSILIEFFt,ypographe, secrétaire. 24
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