La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

MOUVEMENT SOCIAL chiffres donnés ci-dessus, en disant que si les petits industriels disparaissent, ils sont remplacés par l'augmentation des petits commerçants, des colporteurs, etc. Cependant si on examine les données du rencensement de 1882, et si on les compare avec celles du dénombrement professionnel de 1895, on trouve comme résultat final que les petits industriels ont diminué de 107,704, tandis que les petits commerçants ont augmenté de 26,896, de sorte qu'il y aurait toujours une diminution de 80,808 petits patrons. Mais il faut considérer que, le plus souvent, c'est la femme qui exploite le petit commerce, pour lequel d'ailleurs, dans les campagnes surtout, il ne faut presque pas de capital. Ce sont ces minuscules boutiques qui ont fourni un contingent important, par leur augmentation, à l'effectif des commerçants. I~en est de même aussi pour les petits cabarets, dont le nombre a sensiblement augmenté, malgré qu'ils ne puissent rapporter aucun bénéfice sans le concours des servantes. C'est ainsi que s'explique l'augmentation qu'on a constatée dans le commerce. Ce sont d'ailleurs, presque toujours, le grand industriel ou le brasseur qui sont, par le fait, les propriétaires de ces petites boutiques et de ces petirs cabarets; mais, dans la statistique officielle, ceux qui les gèrent, les hommes de paille, y figurent comme si c'étaient des commerçants indépendants. On se demandera maintenant si la concentration du capital se manifeste aussi dans le commerce. A première vue, on pourrait en douter, en voyant que le nombre des commerçants a augmenté de 33 °/o. Mais, si on réfléchit que le nombre des individus' occupés dans le commerce est augmenté de 60 °/o, c'est-à-dire que l'augmentation a été presque double de celle des boutiques et établissements, et que le nombre des petites exploitations occupant un seul individu n'a augme11té que de 5 °/o, tandis que la population augmentait de 1 5 °/o et que l'accroissement a eu lieu surtout pour les exploitations employant de 1 à 5 personnes, et que les grands magasins ont augmenté dans une proportion encore plus accentuée, on ne pou,rra plus douter que la concentration du capital a progressé aussi vite dans le commerce que dans l'industrie. Ainsi, même dans le domaine commercial, la masse des exploités a atigmenté sensiblement, tandis que le nombre des exploiteurs est allé toujours en diminuant. Dès que les exploités se rendront compte de leur situation, de leurs intérêts, de leur puissance; dès ce jour, le régime capitaliste n'aura plus raison d'être. L'évolution économique à Berlin. - Le nombre des artisans et des petits patrons est allé toujours en diminuant, depuis le dénombrement de 1882, car il y avait, à cette époque, à Berlin, 90,29-5 exploitations industrielles, tandis qu'en 1895, malgré l'augmentation de la population de 39 °/o, on en trouve seulement 87,266, ce qui donne une diminution de 3.35 °ioAu contraire, le nombre des ouvriers et employés travaillant dans l'industrie est augmenté de 12.49 °/0 , proportion vraiment colossale, d'autant plus qu'elle s'est produite surtout dans les grandes industries, car, en 1882, il n'y avait pas d'exploitation occupant plus de 1,000 ou-

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