LA REVUE SOCIALISTE d' « endosser >> une politique soéialiste ne lie pas les membres des Sociétés : ils ne sont pas tenus a voter pour un socialiste, mais il est de quelque importance de voir les délégués imbus de principes socialistes, car ce qu'endossent aujourd'hui les délégués, nul doute que le gros de l'armée ne l'endosse a son tour un peu plus tard. Un grand nombre des Trade-Councils de province montrent un semblable dégoût de la réaction et souvent \'Otent dans un sens nettement socialiste; dans tous les cas de cette sorte, cependant, les délégués sont en avance sur la masse. Dans une autre direction on trouve encore des signes de vigueur et pour ainsi dire de santé : je veux parler du désir croissant d'une fédération nationale des Trade-Unions. Depuis plusieurs années cette question est discutée. Cette année même divers projets ont été prescntés. Je noterai le projet du comité special nommé au congrès des Trade-Unions de Birmingham, l'an dernier. Personnellement, je doute qu'ayant fort longtemps on s'entende sur un projet vraiment efficace, mais cc qui n'est pas douteux, c'est qu'on reconnaît de plus en plus sa nécessité. Différentes sections de travailleurs se sont déja fédérées dans certains buts spéciaux et sont en relation régulière avec les ouvriers des mêmes métiers a l'étranger. Par exemple, les ouvriers des filatures agissent en commun aYec les diverses unions du même corps de métier et tiennent des conférences internationales. Les mineurs, quoiqu'ils ne soient pas tous nationalement fédérés, tiennent régulièrement des congrès internationaux. Les ouvriers des industries de transport se sont fédérés en Grande-Bretagne; avec l'aide de plusieurs pays du continent ils ont fondé une fédération internationale, dont la puissance grandit en Europe, en Amérique, en Australie. Pour ma part, j'ai grand espoir dans l'avenir de cette fédération internationale. Je crois qu'elle élargira graduellement son but et qu'avant peu elle deviendra une très puissante agence d'un caractère international. Je comprends bien que la loi française interdit au~ syndicats français de se fédérer actuellement avec les travailleurs des autres pays. S'il en est ainsi, il me semble qu'il serait sage que le parti socialiste en France fit de cc point une question de plate-forme électorale, en attendant l'abrogation de la loi contre l'Internationale. Les plus avancés des travailleurs ici sont très désireux d'avoir une alliance ouvrière définitive avec nos camarades de France. Nous sommes prêts, pour assurer le succès, à nous mettre a la besogne et en prendre notre bonne part, j'entends aussi par la notre bonne part de dépense; mais surtout pas de retard sans nécessité, espérons-le. La federation internationale des ouvriers de transport est en constante communication avec les ports de la France, de l'Allemagne,
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