La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE n'est pas à conseiller au parti socialiste. On connait les importantes objections faites par A. Loria ( 1) au système de Henry George : difficulté surtout de distinguer dans les grandes exploitations le revenu d(1 à l'action de la nature (rente) et le revenu dû aux mains de l'homme; difficulté de suivre et d'estimer les hausses de la rente pour les terres les plus productives; facilités pour le propriétaire à frauder l'État en éludant la loi. Je ne crois pas non plus acceptables les propositions de Cammareri-Scurti : ùutre que, par leur gravité, elles ne peuvent faire partie d'un programme minimum, elles admettent la possibilité de la part de la bourgeoisie d'un suicide par persuasion, suicide à poison lent d'ailleurs. Le parti socialiste continuera, d'accord avec le rapport de 1896, a combattre tes droits de douane, le bimétallisme et à se prononcer en faveur de l'assurance obligatoire des bestiaux, et de la protection d'État contre les parasite des plantes et animaux utiles. Il devra aussi s pposer au parcellement (q11otlizalio11e) fiscal des biens domaniaux (projet de Lacara). Une loi, dont le rapportde 1896 fait déjà mention, est l'institution des prud'hommes agricoles. U est utile d'y insister. La bourgeoisie italienne parait s'y intéresser aussi. Le ministère Giolitti ( r 893) proposa un projet de loi qui est resté lettre mor~. Di San Giuliano la soutint aussi dans ses propositions pour la Sicile. Les socialistes italiens la réclamërent au commissaire civil Codronchi dans leur mémorandum. La limitation et l'hygiène du travail des femmes et des enfants, l'opposition au truck-system (paiement des salaires en nature)► la protection du travail (accidents), les logements insalubres, le maximum d'heures de travail, ces points restent acquis. Le groupe parlementaire socialiste doit approuver toutes les lois favorables non seulement au prolétariat mais encore à la petite pro- ·priété rurale que la bourgeoisie proposera, tout en déclarant nettement qu'il considère comme une utopie la reconstitution de la petite propriété foncière; mieux vaut pour la propagande une petite propriété associce et éclairée qu'une petite propril'.:té sans liens et sans lumières. Cette reconstitutioh de la petite propricté est l'idée fixe de la ·bourgeoisie. L'a11erbe11recbt allemand et le bomestead américain en témoignent. En Italie aussi un pareil courant ne manque pas. Les socialistes italiens peuvent Yoter de tels projets. La vanité de ces expédients n'en sera pas moins mise en évidence. L'expérience des autres nations et la logique des choses nous assurent qu'en Italie, comme ailleurs, l' bo111eslead ne sauvera pas la petite propriété. GEROLAMO GATTI, député au Parlemwt italien. (1) Achille Loria. La Propriétéfo11cière t la questio11sociale, Padoue, 1897.

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