La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVII- vol 01

LE PARTI SOCIALISTE ET LES CLASSES AGRICOLES I 3 J 4) Chercher à empêcher que les émigrés temporaires ne fassent baisser les prix dans les ·autres pays. 5) Soutenir le relèvement des salaires et la diminution des heures de travail. 6) Établir des Bourses du travail. 7) Créer des coopératives de consommation. 8) Quant aux associations purement politiques, que recommandait le rapport de l'année dernière, nous n'y trouvons pas A redire lorsqu'elles ·sont faciles à constituer; mais il ne convient pas, surtout pour une propagande initiale, de dépenser beaucoup d'activité en leur faveur, les idées abstraites et les concepts altruistes n'étant pas un ciment suffisant à fixer le travailleur agricole dans des associations, vu sa séculaire h1bitude d'isolement. La lutte électorale est une force d'union très insuffisante, les salariés des campagnes n'étant pas en grande majorité électeurs. 9) Pour les sociétés de résistance, dans nos campagnes l'arme principale leur manque : l'argent. Elles exigent une grande dilapidation d'activité; avec moins de fatigue et une égale efficacité elles. seront en général avantageusement remplacées par des organisations occasionnelles de sans-travail, quand le faix de la misère pèse le plus sur les âmes. 10) Le rapport de 1896 proposait aussi l'acquisition de terrains par les coopératives. Cette forme de coopération apparait comme la plus radicale. Elle rapproche le travailleur des champs de l'État collectiviste. Elle est pourtant hérissée de difficultés. Les concessions de terrain ne sont pas faciles. Le seraient-elles, la question des capitaux se dresse; les coopératives des campagnes ne les ont pas. Passons encore. L'extension insuffisante des terrains acquis ne permettrait pas de donner du travail à tous les associés, ce qui .:omplique les choses. D'où des profits insuffisants ou même des pertes, ni plus ni moins que dans les fermages particuliers. Cette sorte de coopération est fréquente en Angleterre et plus. encore en Amérique. En Angleterre, des deux coopératives de Gurdon, l'une, fondée en 1830, partie de 60 acres est arrivée à en cultiver 130; l'autre, fondée en 1854, en cultive actuellement 212 (deux acres et demi équivalent à un hectare). Il s'agit de coopérativt;s à fermage. Presque toutes ont des terrains peu avantageux. La plus grande partie a fini par se dissoudre. Il serait désirable que la coopération s'établît dans les zones de _grande culture. On la conseillera seulement dans le cas où la masse .des paysans pourra obtenir la terre, ou sans p:1yer de fermage, s'il. s'agit de zones incultes, ou avec des facilités et des aides notables. II) Les coopératives ·de travail. .En bien des endroits elles don-•

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