, REVUE DES REVUES 97 sultés, de \e que la conscience publique est faussée parce que beaucoup de consciences individuelles sont faussées (r): « Là source du mal est plus loin que là ou la main de l'État peut àtteindre; elle est dans les consciences. Espérons que celles-ci se reprendront et que le remède sortira de l'excès même du mal. .. Dans le monde des travailleurs, on voit poindre pour le journal un dédain et même un mépris de bon augure. Récemment les membres ouvriers de la commission· consultative de la Bourse du Travai1 ont fait fermer la salle de lecture des journaux quotidiens, parce qu'il en résultait, pour les lecteurs, plus de trouble que de profit. En Angleterre, c'est le sérieux de la population ouvrière qui a le plus contribué à moraliser la presse. En France aussi, on finira par comprendre qu'il vaut mieux être travailleur que parleur; et l'éducation réelle que tout le monde désire aura pour effet de faire dédaigner tout journal, à moins qu'il ne soit un journal positif, un journal qui incite à l'action vraie. » Nous croyons que c'est à nous, socialistes, qu'il revient de fonder un tel journal. M. Anatole Leroy-Beaulieu représente que « le socialisme, à l'affût des causes.de destruction, se réjouit, avec une cynique logique, de cette corruption qui nous attriste et nous indigne, se félicitant de tout ce qui détruit la cohésion de la société française, s'applaudissant de tout ce qui énerve les âmes, brise les énergies et prépare la dissolution prochaine de la patrie. » A ces paroles ignorantes ou menteuses, opposons la réalité des vouloirs socialistes : M. Georges Renard propose, entre autres, le remède suivant : « 1° Fonder des journaux qui ne seraient plus aux mains d'un financier ou d'actionnaires anonymes, mais qui_,soutenus par les cotisations régulières· d'un parti ou d'un groupe d'hommes se connaissant et professant les mêmes opinions, seraient la propriété et l'expression de ce parti ou de ce groupe. En bannir soigneusement toute affaire, toute réclame, tout article payé. Il ne serait pas impossible que ces journaux honnêtes, s'ils étaient bien rédigés, réussissent, conquissent de l'autorité et réagissent par leur exemple sur les autres. » Nous savons en effet que la cité socialiste ne se fera pas sans éléments ét que c'est nous qui devons, dès à présent, lui préparer des citoyens. Pour cela voici q-uel nous imaginons que serait, dans la société bourgeoise, un journal socialiste. Ce journal agirait envers les bourgeois inconvertissables exactement selon les règles de la morale bourgeoise. Il agirait envers les socialistes et les bourgeois convertissables selon les enseignements de la morale socialiste. Par exemple on le vendrait aux bourgeois incon- (1) Relire dans la Reu11eSocialisls du 15 juillet 1897 l'excellent article de Charl~s Henry sur l'U11io1p1our l'Actio11morale et le Socialisme. ,
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