LA RE\'CE SOCIALISTE Sur les seules ,·akurs Barnato, et la liste ci-dessus ne représente qu'une faible partie des sociétés introduites sur le marché français, les actionnaires ont perdu une somme de 5 r 2 millions en chiffres ronds. Si, ayant conquis, par les traYaux économiques qui honorent sa vie laborieuse de sa,·ant, l'autorité de i\1. Leroy-Beaulieu, j'aYais eu le malheur de contribuer i1wolontaire111cnt comme lui à la diffusion des actions de mines d'or en France, je ne me consolerais jamais de la part de responsabilité morale assumée dans les malheur~ que cette diffusion a prornqués. Car les kr,1chs financiers de cette importance laissent aprés eux des ruines incalculables. r-lais il y a déjà dix-huit mois que l'effondrement s'est produit; les cada\-res des malheureux qui se sont suicides à la nouyc]le foudroyante de leur ruine sont refroidis ... Dans l'l::co110111ifsrlac11cais du 12 décembre dernier, :\I. LeroyBeaulieu rcYient sur les mines d'or, et cette fois, cc n'est plus un hymne d'espér,tncc qu'il entonne, mais un chant lugubre. L'article est intitulé : La Crise dt' l'll/(lustrie aurifère. « Il ne s'agit pas seulement, dit-il, d'une baisse des cours proyoqués par des incidents diYers, la situation de place, les manœuHcs des baissiers, les faux bruits, des circonstances temporaires Yari(·es (comme cela ressemble à une énumération pénible de circonstances atténuantes!), mais bien d'une situation actuellement peu fayorablc des mines clics-mêmes, de Li plupart des mines, du moins, sept ou huit mines priYilégiées exceptées, au point de vue des rendements, des prix de reYicnt et des bénéfices. » Et à l'appui de cette dcsespérance franchement aYouée, ;\I. LeroyBeaulieu nous fait le: tableau de la production : De 1892 :\. 189-1-, le rendement s'est accru aYcc une rapidité pleine de promesses. En 1895, la progression se ralentit. Tandis que 1894 avait YU sa production s'accroitre de 546,0,00 onces, en 1895, l'augmentation n'est plus que de 253,000. En 1896, la progression tombe ù 7,000. Encore les onces d'or produites en 1896 n'ont pas la Yaleur de celles de 1892-95. Celles-ci, obtenues par le broyt1ge, contenaient 91 francs; les onces de 1896, obtenues par la cyanuration, n'ont plus qu'un titre de 71 francs, soit un écart de 22 °/o- Le rendement, au lieu de croitre. diminue donc, et aYec le recul général de la production, diminuent aussi les dt\'idendes, sans laisser une perspectiYc de hausse future, car celle-ci, quand on l'escomptait, se basait sur une progression qui semble définitivement disparue. Mais pourquoi donc, subitement, sans que rien l'ait fait préYoir, la crise aurifcre éclate-t-cllc ainsi, se traduisant par une diminution du rendement? C'est que, nous dit amerement M. Leroy-Beaulieu, « des fautes et parfois des fraudes administratives i> ont contribué i dissimuler la situation exacte du Rand et à augmenter les prix de revient de l'exploitation. « Il est certain que dans plusieurs mines, les adminis-
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