La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE il faudrait citer chaque chapitre, chaque phrase ... : la genèse, l.l formation de l'esprit, du car,1ctére de Blanqui, tout le mou,-ement de 1830, de 18.18 toute la crr.\ce et L1 mélancolie Jes fiancailles et du mariage, 1 , t'> ~ '-' a\·cc cette Suzanne un peu lointaine, sitôt disparue, tout le tragique émouYant des détentions de quarante ans; la tristesse poi;nante, l'amertume, la col1:re des chapitres sur le document T,1schereau, - ;n·ec, toujours la clarté, la fermeté de l'historien, la Yolonté de tout dire, de ne rien prouver en supprimant les difficultés. Quoi de plus profondément humain que la rencontre du pére et du fils « éleYé contré lui » - le contraste du Yieux retournant .i la bataillé, du fils dt: Yingt-cinq ans, retiré ,i la camp,1gnc, heurt:ux des quelques sous, hérités de sa mère. Quel frisson aux soirs de la guerrt: nous communique l'auteur, en nous faisant entendre cette Yoix c.1p,1ble ~l'org,rnist:r l.i Yictoirt:, de 1.1 préparer, de la donner. .. - \'Oix perdue que l'on n'écoutait pas, que l'on ne Youlait pas écouter ... Plus tard, quelle confrontation du \·icillar<l que l'on expédie au fort Ju Taureau, avec le paysan, mangeant son pain tranquilk au bord d'un fossé : « A Chùtel.ludren, au crépuscule, il y a une foule menaçante, dt:s gens s'approchent, profèrent des cris, des insultes, contre cet hommt: immobile, à b,nbe bhnche, qui les regarde de ses yeux vifs. Dans cette rencontre du réYolutionnaire de P,1ris an:c la Bret.1gne du passé, s'il a croisé les regards an:c ceux d'un pays,rn agité ou p,1isible, gesticulant debout ou assis au rt:\·ers du fossé, quelque ,ieilbrd comme lui, quelque ancC:tre vC:tu ,\ l'ancienne mode, la courte \'este bleue, les Lnges braies blanches, le grand chapeau, les lus dans les sabots, quelle etrange confrontation, et quel dialogue muet plus étrange encore! On \'Oit l'homme de la terre, tout usé, tout c.1ssé, bbnchi lui aussi, rasé par toute la figure, la barbe un peu repoussée, drue comme cc qui reste du blé coupé dans un champ. En face de lui, dans le cidre Je la portière, le visage pàlc et les yeux expressifs de la ré\'Oltc. Sur là face fatidique <lu laboureur s'inscrit l'héréJitl'.: paysanne, ses yeux sont circonspects et mefiants, les paysan est sur ses gardes, comme s'il ,l\·,1it rencontré un loup. Colloque rapide pendant la rencontre de hasard. Le Breton hésite ù craindre et :'! plaindre. Son inconscience deYicnt méditative. » Dans l'œil de cl.tir phosphore du Yicux Blanqui, le pronostic est plus sùr, la comparaison plus aml'.:re : « Tu es un vieux Chouan dt!sarmé, bonhomme, un ancien Yassal dC\'enu elccteur, et resté en scr\'agc dans la domesticité du laboureur à gages. Tu vis dans ta dépendance tranquille, ayant gardé ta foi secrète à ton seigneur, prenant le mot d'ordre au prône de ton curé. Tu ne • sais pas mon nom, tu ne le sauras jamais. C'est tout dt: mème pour toi l)UC je suis parti vers le pays de l'illusion, que j'ai l'.:te blessé rue aux

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