La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

COLLECTI\ïS~IE, cmmuNISME, SOCIAL-DÉ~IOCRATIE ET ANARCHIS~IE ï25 ·l'exécution des lois pour le mieux dl' leurs intl'.:n'.:tsde classe gouvernante. ;'Ji gou\"C::rnementcentralisé - ni administration directe. L'organisation politique de la socit.'.:tts.o'.:cialiste doit consister dans la reconnais~sancedes droits et libertés illla11gibles de l'individu (droit i l'usage -des instruments collectifs du traYail, droit d'association, d'instruction, libertt.'.<: lepensée, de parole, de presse, de choix du travail, etc.), et dans l'organis;Hion des intérêts collectifs par dclegation i des administrateurs capables, rt.'.:vocableset responsables, agissant sous le syndicat direct du peuple, lui soumettant leurs actes les pins importants (referwd11111), et demeurant scpart.'.:set indcpendants l'un de l'autre, afin qu'il n'y ait pas de coalition pour l'exercice d'une autorit~ sembl:iblc-à l'autorité gonYernementale actuelle. L'essence de la démocrat_icest justc1rn.:ntdans l'absence d'une telle coalition, et dans la recherche des formes d'administration (rejèrent/11111, droit d'initiati,·e; mandat impératif, responsabilité des administrateurs, tribunaux adrninistr.1tifs, etc.), laissant le moins possible i l'arbitr:1ire des administr,iteurs (r). En cc sens, il n'y a pas de différence: substantielle entre dt.'.:mocratie et anarchie. Gouvernement du peuple par le peuple - point d'oligarchie - cela veut dire, en somme, point de gouYcrncment. Le gouYcrncment de tous en gént.'.:ra(ldémocratie), équivaut au gonverncment de personne en particul icr (anarchie). Nous aboutissons a111s1;\ une nom·elle conciliation des deux grandes sections du socialisme contemporain, - le socialisme démocratique et le socialisme anarchique. Les anarchistes aiment i appuyer sur la nécessité d'organiser le plus libren1ent, le plus spontant.'.:ment, (1) Jusqu';\ ces ,lcrniers temps le referrni/11111 - l.i plus importante de ces formes - n'a,·ait que des partisans parmi les socialistes. et il ligure encort dans les programmes du parti. Mais voil:i que les Fabims en Angleterre (Rapport présenté au Congres socialiste international de 1896), Kautsky en Allemague (De,· Par/a111wlaris11111dsi,r Volksgestl{gtb1111g, etc., Stuttgard 1893) et Arturo Lauriola en Italie (articles cités) le dénoncent comme ami-socialiste et ré.1ctionnaire. i\!. Lauriob soutient que le pcurle ne doit pas exercer la souveraineté directement, n1.1isuicn par l'intermédiaire de se~ représentants; qu'il doit se borner ;\ indiquer les grandes lignes Je la politique ,lu • gouvernement, et charger ses mandataires des applications. On sait où ccl.1 n11'.!ne- :i l'arbitraire parlementaire. Nous ne nions pas qu'.011ne puisse faire au refere11d11111 les mémes obje~tions qu'au gouvernement ,lirect; le nuuquc de temps et de c.1p.icité d.rns le peuple pour délibérer sur ks différentes questions d'intérêt général, et la possibilité de faire servir le reftre11d1w,, ainsi que le suffrage uni,crsel, :i des buts Je domination. Cependant, appliqué à une sociét<! ég,tlit.\ire, et pour les mesures les plus in,portantes, le referwd11111, le mandat impératif, le droit <l'initiati,e, etc., sont d'utiles corre.:tifs Je l'arbitraire des mandataires du peuple.

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