La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

MÉDECINE ET ~IÈDECINS MÉDECINE ET MÉDECINS U~ COIN DE LA CRISE Oü\'RIÈRE AU XDi.e SIÈCLE .,,. Cc n'est pas d'aujourd'hui que la presse cnregistre les dolcances des médecins sur leur situation tant professionnelle que morale; mais, depuis quelque temps, la continuité, la généralisation et l'exaspération des plaintes accusent l'état aigu d'une crise, en même temps que leur thème trahit une méconnaissance absolue de ses origines. Celles-ci sont déjà lointaines, bien plus générales, bien plus dans la force des cboses, que les conditions - qui pourraient être accidentelles - auxquelles on attribue la décadence de la profession : rmgllle11tationdu 11ombredes.Jllédeci11sc,o11cnrrencedes médecins étrangers, exteusio11de l'exercicedit illégal, etc... Si l'on examine les expédients, - re11forcemendtu privilège par la suppressiondes officiersde sauté, répressionde la co11curreucéetra11gèret rie l'exercice illégal, création d'un Ordre des médecins, - proposés pour remédier à une situation incontestablement de plus en plus fachcuse, on les voit découler de l'étiologie enfantine que je viens de rappeler. En dehors de leur puérilité, ces conceptions accusent l'oubli complet des causes réelles, fondamentales, fatales, d'une évolution dont le point de départ est bien plus ancien que ne paraissent le soupçonner nos réformateurs autoritaires, évolution dans laquelle nous ne représentons qu'une infime minorité de victimes. * * * Lorsqu'ils ne sont pas fo11ctio111utires ou salariés par des entreprises, les médecins sont ce qu'on appelle partout des ouvriers e,i chambre. Et la crise que traverse depuis une cinquantaine d'années leur industrie a pcsc, avant de lcs·atteindre, sur toutes ks classes d'ouvriers isolés. Ceux adonnes plus spécialement aux professions dites 111auuelles, ont

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