PRÉFACE o'u~E BROCHL1RE SUR LA QUESTIO~ AGRAIRE 69ï pic, je citerai seulement cc télégramme de ;\klbournc que des journ:wx de Londres publiaient :\ la date du 23 aHil dernier: « Dans b convention fédérale australienne, la proposition en faveur de la nationalisation du sol a été rcpousséc par 21 voix contre 13. » Ainsi dans une convention où sont représentés tous les états d'un pays presque :rnssi grand que l'Europe, 8 rnix seulement de majorité contre cette mesure qui effare tant de gens dans l'Ancien Monde! On voit que l'utopie est en bonne voie de dc,·enir une réalité. * * * Oui, la lt'rre ù /011s est la formule de l'avenir, d'un a,·enir moins éloigné peut-être qu'on nc le pcn e. 1\bis, en attendant, n'y a-t-il rien:\ faire? Faut-il laisser se dérouler, sans rien tenter pour venir en aide aux paysans, l'évolution économique qui les met:\ la gène et peu :\ peu les déposséde? Les socialistes ne sont point le parti du « /011/ ou rim J>. Ils savent que les profondes transrormations sociales ne s'accomplissent pas d'un coup de baguette. Ils ne dédaignent pas les rérormcs prochaines, clans. l'espoir d'une révolution plus ou moins lointaine. lis n'oublient pas les souflranccs des générations pn'.:sentcs dans le mirage du bonheur promis aux générations futures. Ils ont, par suite, un programme agricole, composé de deux parties qui ~c complétent. D'une part, garder les yeux fixés sur le but qui se dresse à l'horizon et qui est l'organisation scientifique et rationnelle d'une société collectiviste; d':rntrc part, réclamer, accepter, faire passer dans les mccurs et les lois tout cc qui peut rapprocher du régime conçu par eux comme le mieux adapté aux besoins et aux droits de l'humanité actuelle; voilà, sous ses cieux aspects divers, la ligne de conduite qui leur est tracée. A titre provisoire, ils veulent donc tout ce qui peut alléger la vie des paysans, en leur enseignant à associer leurs forces et à g.érer en commun leurs intérêts : extension des biens communaux, achat d'engrais et de machines par les communes ou les syndicats, assurances collectives, travaux entrepris en coopération. Ils veulent encore pour eux réduction des impots et du service militaire, organisation du crédit et de l'enseignement agricoles, tout ce qui peut contribuer à leur faire une existence plus digne d'être vécue. En revanche - effet difl:"érent de la même tendance - ils recherchent tout cç qui peut amoindrir la puissance et la richesse dangereuses, non pas du petit proprietaire qui peine et Yegètc misérablement sur son lambeau de terre, mais du grand terrien qui vit grassement du traYail des autres,
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