La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

666 LA REVUE SOCIALISTE Quant ù la diminution de la population, l'auteur précité confesse qu'dle n'a été d'aucune utilité pour les aborigènes du Nouyeau-Mondc dont le nombre ne cesse de décroitre : « Nulle part en Amérique, soit au i\ord, soit au Sud, on n'entend dire que, par la diminution du nombre tks habitants, la vie soit de\'cnue plus facile et les ressources plus abondantes. » j\lalthus reconnait que l'amélioration des conditions de la vie humaine a pour effet de restreindre la mortalité et en mème temps la natalité. Enregistrons cet avis. li a son prix : « Sans contredit l'Europe était autrefois plus sujette aux pestes et aux épidcmies destructiYes qu'elle ne l'est :i présent. Cette circonstance peut sen·ir ù expliquer pourquoi :1agucre le rapport des naissances aux dccés, dont plusieurs auteurs font mention, était plus grand que de nos jours. » Enfin, lors de la dernière refonte de son li\'rC, en 181ï, le père de la thcorie malthusienne parle du« haut prix que l'on doit mettre ù une grande et forte population», et il ajoute : « Je suis prêt ù reconnaître an~c tous les anciens écriYains, que la puissance d'un État ne doit pas se mesurer par l'étendue du territoire mais par l'ctenduc de la population. Selon moi, rien n'est plus désirable qu'un rapide accrois~emen~ de population, pourvu qu'il n'entraine pas le Yice et le malheur. » , J\falthus ne croyait pas à « la perfectibilitc de l'Homme et de la Sociétc ». C'est son excuse. Le Yicc et le malh-::ur (misery) sont des plaies guerissablcs. Avec le Temps, la Science et la pratique de la Solidarité, le Socialisme en aura raison, comme il aura raison aussi de l'ignorance et Je l'esprit Je ser\'itude, legs d'un passé qui nous domine tou1ours. DESIRE DESCA~IPS. (.-1 suivre.)

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