La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

60 LA REVUE SOCIALISTE LE MOUVEMENT LITTÉRAIRE L'Enjfr111é 1 par GustaYc GEFfROY.- Chez Fasquelle. Gustan: Geffroy a realise a,·ant Lige rnùr le projet de sa jeunesse. Il doit être content, scion le proYerbe. Il a fait le line qu'il a,·ait résolu d'ecrire - et c'est un liwe: L'E11fcrmé, histoire et roman de Blanqui. Qui çù, Blanqui? Pourquoi Blanqui? Qui çù, Blanqui? Oh! tout le monde feint <lesavoir. On sait toujours-Yaguement ! Maispoussez, en interrogeant, et l'on Yousrepondra peu! Les littéraires masqueront leur ignorance, en situant Blanqui dans le groupe « Yieux lutteurs » - <lépa,·eurs de rues, gardiens de barricades, tireurs de coups de fusils sur des uniformes ... grognards de la guerre des rues ... circulant à moitié nus, une giberne et un sabre attachés en sautoir sur la chemise, coiffes en rois d'Afrique d'un kepi galonné ou <l'un chapeau à plumes, sans argent, ercintes, magnanimes, noircis de poudre, et suintants sous le soleil. .. Raseurs, sourit-on! Quant aux politiques, parlementaires ou non, ils se soucient bien de cc martyr impaYide de sa foi démocratique : un fossile, pour nos temps rapetissés! Qui ç.i, Blanqui? à l1ui « forcément la politique apparaît comme une bataille farouche et sans merci où l'on joue sa liberté et sa Yie. >> Peu <lechances d'être compris dans les « couloirs» d'aujourd'hui! Qui çà, Blanqui? Nous verrons, en lisant l'E,ifcrmé ! Pourquoi Blanqui? Comment le vieux« au Yisagcoffense», qui passa toujours si hautain et dédaigneux <lujugement sommaire des hommes, a-t-il sollicité, <lepar-delà la tombe, sa n:habilitation, la révision de la postérité ... ? , Comment s'est-il impose si impérieusement à la curiosité du critique, à la passion de !'écrivain, à l'admiration, ù l'enthousiasme de l'homme? Mystére de la création littéraire, des enfantements de l'esprit! Par l1uellcs rencontres fortuites de la YÎ\.:et de la pensée, la

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