La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

• LA RE\'CE SOCIALISTE Plus pn:s de nous, Louis XI\' et Pitt légiférèrent dans le même sens. En 166ï, Louis XI\. encourage.1 les mari,1ges par une exemption de taille durant cinq années pour ceux qui s'établissaient dès l'âge de Yingt ans et tout pcrc de famille ayant eu dix enfants légitimes était exempt de taille pour le reste de sa Yie. Plus tard, il accorda mille francs de pension .i tout gentilhomme pére de dix enfants et deux rnilk .icelui qui en aYait en douze. La moitie de cette gratification fut accordée aux h,1bitants des Yillcs exemptes de taille. Parmi les taillables, le pcre de dix enf.1nts était .i l'abri de toute imposition. Pitt, en 1 ï9ï, proposa un bill en faycur des grandes familles. L'année suiY,lllte, le Directoire surimposa les célibataires. :'Japoléon 1er, en 1803, promulgua une loi accordant au pére de sept enfants YiY,mts le droit d'en faire élc\'Cr un aux frais de l'État. • Depuis, des dispositions en faycur des familles nombreuses ont été prises par plusieurs gou,·crnernents. li serait trop long de les cnuml'.-rer ici. :\l,dthus et ses disciples ne se sont pas contentés d'agiter le spectre de la surpopuLnion . . \yant cru a\'oir découYert un mal, ils se sont mis :i la recherche d'un remède ou plutôt d'une série de rcmédcs pour la plupart exécrables et .rnssi contraires aux intérêts de l'individu qu'à ceux de l'cspéce. Pour l'auteur de l'Essni 511,- le Pri11cipede Pop11lnlio11, le traitement coùte peu. Il est.\ L1portée de tout le monde : Ne pas se marier ou se marier trés tard et se refuser ,i aYoir pins d'enfants qu'on ne peut nourrir. ~e pas se marier! Qui oscr.1it encore aujourd'hui prècher le célibat (1)? Personne à coup sùr. L'auteur anonyme des Éh:111wlsde Scieucesociale - un médc- .:in malthusien - le condamne comme nous. « La santé des organes de reproduction dépend d'une somme d'exercice normale, dit-il; l'absence de cet exercice tend fortement à produire la souffrance et la maladie chez l'homme et chez 1.1 femme». Hegcrisch, traducteur allemand et grand admirateur de l'Essai sur le Pri11cipede Pop11latio11, condamne le (1) L'extinction du Genre humain par le célibat .1été préché par Augustin d'Hip• pone. On peut lire dans ,.1 Cité de Dim : Si tous les hommes gardaient une continence . .1bsoluc, que deviendrait le Genre humain ?- Eh! plût à Dieu que tous y consentissent : nous en Yerrions bien plus tôt la fin du monde et, avec la destruction de la cité terrestre, l'ach~vement de la cité céleste! » Citer de tels textes, n'est-c~ p.1s les Aétrir?

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