La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LE PROBLÈ~IE DE t' AMOUR Ainsi parla b ~aturc sur notre Terre. Et, lentement, la Vic a cru en quantité et en qualité. Décimées par les Yariations brusques de tcmpératun.:, le manque de subsistances, la guerre, etc., les cspéces s'cfforcérent de parer aux coups de la Mort pà, une multiplication rapide. Celles qui n'ont pu fournir assez de repn:sentants se sont éteintes, alors que d'autres, moins bien organisées mais plus prolifiques, leur ont smYécu (1). C'est de stérilité que sont mortes toutes les grandes espéces d'animaux que le paléontologue reconstruit avec peine : labyrinthodonte, halisauricn, téléosaurien, ptérosauricn, dinosaurien, ptérodactyle, mésopithcque, hipparion, si,·athérium, hyéne, ours et lion des cavernes, tigre gigantesque, mammouth, aurochs, mégathérium, mylodon, mégalonyx, schistopleure, glyptodon, urus, dinornis, xpiornis, dronte, etc., De nos jours encore, les oiseaux qui s'éteignent : l\rntruche, l'apteryx, le casoar ... ont une ponte fort restreinte. Faible aussi est la prolificcncc de la plupart des mammifères appelés à disparaitre dans un a;-cnir relativement proche : h baleine, le lamentin, le castor, le rhinocéros, l'éléphant, le gorille, etc. Plantes et animaux ont besoin de se multiplier. La stérilité, c'est la mort. Toute dirni:rntion de fécondité qui ne se traduit pas par une augmentation de force Yitale, par un accroissement de longévité, est un signe indubitable de dégcnércscence organique. Cc n'est pas seulement dans la Nature que s'observe. Il est également manifeste au sein de humaines du passé et du présent. cc phénomène toutes les races Nos pcrcs l'ont constaté chez les Caraïbes, les Tasmaniens et autres races eteintcs au cours· des temps historiq ucs. Nous pouvons l'observer aujourd'hui chez les Maoris (2), les (1) Voir k Proble111deu Progrès. - Le monde des inYertébrés contient de nombreuses espèces contemporaines de l'époque primaire et Yieillcs, par conséquent, de plus de dix millions d'années. Ces espèces, trcs fécondes, sun·ivront à une foule <le Yertébrés, pcut-étrc il tous. (2) " Dans l'archipel des Marquises, à Taïo-Hae, M. Jouan a ,·u en trois ans la population tomber du chiffre de 400 à 250 sans qu'on eùt à enregistrer plus de 3 ou 4 naissances. Aux Sandwich, sur 80 femmes légitivet11ement mariées, M. Delapelin n'en trouvait que 39 qui fussent mères. On ne comptait que 19 enfants dans les vingt principales familles de chefs. Enfin, en 1849, la statistique officielle citée par l\l. Remy, accuse 4,520 décès et r ,422 naissances seulement. Il en est de même à l'autre extrémité de la Polynésie. A la Nouvelle-Zélande, dit M. Colenso, les mariages sont rarement féconds. » QuATREFAGES, L'Espèce bu111ai11e (3° édit. 1877). Voir aussi le Prnblème du Progrès. Malthus lui-même dans son Essai sur le Pri11cipede Population (1803) . constate la faiblesse de la fécondité de plusieurs peuplades qui ne seront bientôt plus qu'un souvenir historique. " Il y a chez les sauvages de la Nouvelle-Hollande, dit-il, un grand nombre de femmes sans enfants ... On a généralement remarqué que les

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==