La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

L'ÊYEIL IXDUSTRIEL ET cm1.11ERCIAL DE L'EXTRl~~IE-ORIE:-/T 59) tous les temps, ù la q11eslio1s1oci11le, c'est-à-Jin: ù l'orga11isalioi1l1e: l.t propriétt.!et de la protl11ctio11. Les moyens artificiels, les kgisl:nions epheméres ne Yaudront point contre lui. Les lamentations des gouYcrnernents demeureront impuissantes. Comme l',\mérigue, l'ExtrèmeOricnt menc contre l'Occidcnt une gucrrc ruineusc, inf.1illibkment Yictorieuse. Seule l'e\'olution de l'histoire r.1mcnera l'equi]ibre en entrainant les nations neuYes d'Asie à tran:rs k cycle rcgulier de, groupemcnts humains. S'il peut proJuirc ,'t bon marché, ecra~er ses concu1-rcnts, ~es fournisseurs, ses maitres d'hier, grke :i des conditions de tr,1\·ail exccptionndlcs, le Japon ne gardera pas éternelkmrnt ses a\·:111uges. L'enchainement quasi-i111rnu,1blc dès circomLrnccs le conduir:1, .1près l'Europe, à tous les crremcnts inhérents au r~·gimc c.1pitalistc qui ~•est implante chez lui. Son budget inf6ril'ur :'t 100 millions de yens, s.1 dette publique qui l'xc~dc :i peine 300, vont attLindre par k jl'u normal des inf1ucncès, dcs combinaisons, lks institutions qui naissènt du systcmc industricl, dès totaux plus prochès dès nôtres. Les charges dc la fabrication, ks impôts de toute naturc croîtront graducllcmcnt avec ks depenses que l.1 feodalit6 bourgeoisc imposcra, - comme en France, en Anglctcrrc, en ,\llcmagne, - pour la s;1uyegarde d la con sol id:1tion de ses intcrèts. Lè militarisme, quc l.1 gucrrc de 189 5, et les Yicloircs de Petchili, ont dresse au premier plan, llcur sanglante du capitalisme, s'affinncra plus exigeant, r6clamcra de 11ouYcllcs campagnes, que les bLsoins de dl.'.:bouches commerciaux et le déroulement d'une surproduction iné\'itablc inscriront sur la liste des gaspillages. Et enfin et surtout le Nippon ne pourra maintenir à un taux dérisoire le salaire de ses ounicrs. La formation m~mc, accentuée de jour en jour, d'un prolétariat plus dense, d'une classe laborieuse plus consciente de ses droits, rapprochera sensiblement son statut économique de celui de l'Occident. Ainsi se retablira, d'ellcmème, la balance, au bout d'une série d'annees qu'on ne peut chiffrer exactement, mais qui ne saurait se prolonger. Et l'histoire du Japon, avec de faibles yariantcs, sera l'histoire du Celcstc Empire, qu'il reste autonome, qu'il tombe sous un protectorat ou qu'il soit partag6. ).fous avons c1wisagé le débat à un point de YU<c: special, en accueillant l'hypothèse où le régime économique actuel subsisterait dans nos contrées, jusqu'à l'heure où l'Extrèmc-Orient aurait traversé toutes· les phases de cette même organisatio11. Bien plus, nous dirons que les progrés de !'Extrême-Orient ne pcuYent inquietcr qu'une societé fondee sur les principes actuellement communs à tous lc!:> groupements d'Europe, - car on ne conçoit point comment le problemc des debouchés se poserait en termes idcntiq ucs, ou même se poserait à une societé 6difiec sur d'autres bases. Or, précisemcnt, le 38

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