La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA QUESTION SOCIALE DEVA:-IT LES CORPS ÉLUS 48 I et déshonoré à la fois comme dans un yaste symbole toutes les forces, tous les éléments et même les catégories sociales d'apparence jadis honorable de la socièté qui s'en va. Le monde qui repose sur le travail spolié aboutit à sa conséquence naturelle; la lutte insensée entre les spoliateurs, se déchirant pour le profit, s'arrachant la proie - comme larrons après la foire - et entraînant dans leurs intrigues et leurs déprédations toutes les respectabilités sociales, depuis les ministres jusqu'aux membres de l'Institut; car après aYoir justifié l'emploi des 2 millions destinés aux consciences parlementaires, il faudra qu'on dt'.:couvre la retraite d'ombre et de paix oü dorment les 1,400 millions volés: alors pourrait commencer le procès des cntn> preneurs, courtiers, intermédiaires, barons de l'industrie ou du faubourg Saint-Germain, qui, loin du monde européen et de ses scrupules gênants, ont développé - sous le soleil ardent de Colon - comme autant de plantes à Yégétation tropicale affranchies de la serre - les instincts et les germes qu'ont déposés en eux les pratiques et les nécessités de la socicté capitaliste. Ce processus de décomposition se manifeste à nos yeux dans les débats parlementaires : la pourriture interne y crcve quelquefois en symptômes évidents, pendant que <l'autre part _la mauvaise volonté, l'entètement borné des conservateurs devant toute réforme tl'.:rnoignent de leur aveuglement - brins d'herbe emportés par le torrent qui parlent de stabilité et de fixité! C'est cc dernier caractcrc que manifestent les nombreuses séances consacrées à la discussion <les propositions de loi rclati ves aux bureaux de placement. li est bien entendu que la Chambre n'accepte point la supprc~sion des bureaux de placement; elle a des principes, la Chambre. L'industrie du placement doit être libre comme les autres: libre concurrence, libre initiative! Le travailleur n'a qu'à s'abstenir de recourir à leurs services, s'il les trouve onéreux. L'hymne au laissez-faire et au laissez-passer a été entonne par M. Guillemet qui a recueilli en récompense les éloges du Temps. - Ces accés d'économisme orthodoxe font songer aux jours récents où les archevèqucs de la doctrine officielle soutenaient de leurs vœux, de leurs votes et de leurs sermons laïques le projet de primes à l'exportation en faveur de l'industrie sucricre. On dirait que la science officielle vit et s'engraisse de contradictions. Au commencement du mois de mars (4 mars), l'abbé Gayraud a fait ses débuts à la tribune pour y défendre son élection. Le tribun républicain catholique n'a point paru véhément ni passionné. Il a défendu sa cause en avocat malin par de bons petits arguments un peu plats de robin plaidant devant M. le juge de paix. C'est alors qu'on vit un spectacle presque nouveau : un r(:publi31 /

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