La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

REVUE DES REVUES 479 jeune pour partager la fü:vrc et les périls du combat, garda de cette sombre Yision une mélancolie et un abattement profonds. Je croirais Yolontiers que ce pessimisme découragé, ce dégoùt de l'action qui fut jusqu'à ces dernières années la maladie de la jeunesse pensante, est imputable en une certaine mesure à l'écœurernent causé par ce réveil en pleine civilisation des pires férocités de la samagerie primitiYe. « Dans les rangs de la masse ouvriére, tout autre fut nécessairement l'effet produit! Aprés une torpeur éphémère, il y eut propagation rapide d'un socialisme nouYeau adapté aux besoins du moment, d'un socialisme inspiré de Marx, plus scientifique et plus précis, en même temps que plus sec et plus tranchant, raillant les appels à la fraternité, comptant avant tout sur la force, posant en principe la lutte des classes, hostile au sentiment comme à l'idée du droit, si bien que, lors de l'amnistie, les revenants de la Commune, nourris dans le socialisme français, furent plus d'une fois désorientés devant la façon différente <lont ils retrouvaient posée la question sociale ... « ... L'insurrection de 1871 paraît bien n'être qu'un épisode de la grande lutte engagée de nos jours entre le peuple et la bourgeoisie. Elle a élargi et rendu rendu sensible aux plus aveugles le fossé profond qui sépare deux classes, représentant deux régimes inconciliables; et la conséquence la plus grave de la Commune, c'est peut-être ce fait de plus en plus visible que partout les groupes intermcdiaircs s'effacent pour laisser aux prises deux grands partis, ,·oulant l'un conserYcr, l'autre changer la base économique de la société actuelle. » :fotons en terminant cette longue série de citations que M. le géncral de Galliffet figure dans l'enquête avec cette lettre significatiYc: << Je suis dans l'impossibilité <le répondre aux questions que vous me faites l'honneur <leme poser. << Veuillez croire, monsieur, à mes sentiments distingués. » Comme tous ceux qu'intcressc le mouvement populaire de 187 I, nous devons à la REVUE BLANCHE un cordial remerciment pour les prccieux documents qu'elle nous offre sur <les temps si proches et qui déjà pour nous sont de l'histoire. 'PAUL LAGARDE.

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