REVUEDES REVUES 477 La premicre des réponses publices est une interYicw de Henri Rochefort trcs finement prise, d'oü se di.'.:tachcnt quelques epithétcs vigoureuses contre les « culottes de peau» et quelques menues anecdotes. Viennent ensuite les a\·is de di vers membres de la Commune : Ranc, Paschal Grousset, Lefrançais, Champy, Pindy, Vaillant, Dcreurc, Brunel, ''i.'.:sinier, etc. Ce dernier, i.'.:tudiant plus spi.'.:cialement la question de la Banque de France, estime que la faute capitale de la Corimrnne fut de ncgligcr cette puissance financierc qui etait à sa merci. « Le 18 mars 1871, dit aussi M. Jean Allemane, eût pu marquer l'cre d'un monde nouveau pour les spolii.'.:s; mais pour cc faire, il ne s'a?;issait pas de « parlottcr » mais de frilppcr le bourgcoisisme à l'endroit sensible: au coffre-fort ! » M. Édouard Lockroy fait une fort intéressante observation sur les conséquences economiques de la reprcssion de la Commune. « La population ouvrière de Paris, dit-il, etait presque entièrement engagée dan~ l'insurrection. Presque cnticremcnt clic fut dispcrsec aux quatre coins de l'Europe, tuee ou prise ... Les malheureux qui purent s'echappcr, comme les protestants sous Louis XIV, portC::rcnt a travers le monde la meilleure part de notre génie industriel. Ils le personnifiaient si bien que - (j'ai <'.:nonci.'l.e: fait ù la tribune dcYant M. Thiers qui ne l'a pas contesté) - une compagnie arnericaine offrit au gouvernement de lui acheter en bloc tous ses prisonniers moyennant une forte somme d'argent qu'elle lui donnait en echangc. La compagnie aurait transporte ces gens aux Etats-Unis où, repandus dans les usines, ateliers, manufactures etc., etc., ils aur:1icnt régcnere l'industrie locale ou crcé des industries nouYcllcs. Avec MM. Allain-Targe, Ranc, je fis peu après :1u Conseil municip.il une enquète sur la situation industrielle et commerciale de Paris. Elle révéla des vides affreux dans toutes les professions. Les fogi tifs. eta ient allés en Bclgiq ue, en Alsace, en Italie, en Suisse, beaucoup en Angleterre et plusieurs aux États-Unis. Partout ils avaient répandu nos goùts, nos mœurs laborieuses et nos habitudes de travail. .. Leur exode coïncide d'une façon singuli<'.:rcet remarquable avec la renaissance artistique observec par toutes les personnes competentcs, - par M. Marius yachon entre autres - chez tous nos voisins du continent européen. Si depuis lors la concurrence etrang0rc est devenue plus redoutable, peut-être faut-il l'attribuer à ceci qu'on ne r0voque pas impunemcnt une seconde fois !'Édit de Nantes>>. Une remarque à l'appui de la judicieuse observation de M. Lockroy. Parmi ceux mêmes qui répondirent au questionnaire de la REVUE
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