La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LE PROBLÈME DE LA RICHESS,E 4 3 I comme il se courbe devant les Dieux - qu'il a crccs. Som·erain des forces naturelles les plus puissantes, - il est l'esclave des forces cconomiqucs filles de ses richesses. Son agriculture couvre le sol de moissons - et il manque de pain. Son industrie confectionne plus de produits qu'il n'en saurait consommer - et, chaque jour, ces mêmes produits lui font dcfaut. Pourquoi cette profonde miscrc aù sein <le cette prodigieuse abondance ? Parce que le corps social est ronge par un parasite insatiable : le capitaliste. Cc qu'il dernrc de richesse ? - La prcscntc ctudc nous l'apprendra. Tu m:rngcras. Geuhe. L'Homme respire et mange. Du berceau à la tombe, il doit rcclamcr: i l'atmosphère, son oxygène; - à l'eau, son hydrogène; - au végétal et à l'animal, leur carbone et leur azote. L'atmosph<'.:rc le nourrit aux trois quarts. Gratuitement et sans fatigue, elle lui abandonne son oxygène. C'est beaucoup sans doute, mais cc n'est pas assez. La machine humaine ne peut fonctionner sans carbone, sans azote et sans hydrogène. ' De là, pour clic - comme pour toute la faune terrestre - l'impérieuse nécessité d'absorber chaque jour une certaine quantitcd'aliments de p_rovenances diverses. Les règnes minéral et végétal contribuent bien pour une large part à cet entretien, mais l'anir.nalité, hélas ! doit également fournir la sienne. La lutte des espèces est très répandue sur notre Terre. C'est une _conséquence de la pauvreté de l'air. Les animaux ne se dévorent entre eux et ne mangent les végétaux que parce que l'atmosphère n'est pas suffisamment nutritive. La faim est la douleur universelle. Tous les êtres la ressentent. Tous s'agitent en vue de l'apaiser. * * * Manger! De besoins plus impérieux que celui-là, il n'en existe pas. Le•satisfairc a été le premier souci de l'Homme. Avant même qu'il se fût entièi-ement détaché du type simien, nous le voyons se confectionner des instruments de travail. La hache de

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