La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LES CONDITIO~S DE TRAVAIL DE LA VILLE DE PAIUS 40I L'emploi de t:1cherons qu marchandeurs est formellement interdit. Toute infraction à cette clause entraînera, de plein droit, la déchbnce de l'adjudicataire et l'Administration frra exécuter les tra\'aux, soit par l,1 \'Oit.: d'une nou,·elle adjudication, soit par tout autre moyen et :1 t0ut prix, le tout aux frais, risques et périls de l'adjudicataire déchu. * * * Les ouvriers éL, rrngers. - Toujours, du moins en pratique, sans autre sanction contre les coupables que les radiations <le la liste d'admissibilité aux adjudications, plusieurs Yotcs n'.:itérés du Conseil municipal ont interdit l'emploi de plus d'un dixicrne d'ouniers étrangers. Cette n'.:duction à un dixicmc du nombre des ouYricrs étr:111gerset l'interdiction du marchandage sont actuellement les seules pn.:scri ptions votées par le Conseil municipal dont on puisse légalement exiger l'exécution par les entrepreneurs. * * * La journée 11ormnle de lrnvnil. - L'on se souyient qu'en France, un décret du gouvernement provisoire, en date du 2 mars 1848, a,·ait fixé la journée de tra,·ail à dix heures à Paris et à onze heures en province; mais l'Assemblée natiomle, se laissant aller aux idées de réaction qui prédorninércnt ù la suite des journées de juin, bkla la loi du 9-14 septembre 1848 qui fixa la durée maxima de la journée de travail à douze heures. S'inspirant de l'esprit de la Commission des tra,·ailleurs, présidée en 1848 par Louis Blanc au Luxembourg, se basant sur les progrés de l'industrie depuis lors, et s'appuyant avec Joffrin, Chabert et Brousse sur les congres ouvriers et socialistes, Vaillant ne cessa de reclamer l'application aux tra,·aux de la Ville de la journcc de huit heures. En 1886, rapport de Longuet, dont les conclusions farnrablcs ne furent pas adoptées. Sur la proposition de M. Mesureur, l'on vota à une majorité de trois rnix la journée de 11euf /Jeures et un jour de repos par semaine. Il est à peine besoin d'ajouter que jamais ni le le gouvernement ne voulurent sanctionner ce \'Ote. ' Conseil d'État ni Le 2 mai 1888, le Conseil municipal prit une délibération rédigée par M. Sauton, résumant et condensant les conditions du travail qu'il entendait imposer à ses adjudicataires en les inscrivant dans leurs cahiers des charges. Nous la reproduisons parce qu'elle est comme la charte ouvrière du Conseil, qui la maintint, c'est-à-dire la revota chaque année, aussi souvent que le gouvernement l'annula. Quand l'heure de la franchise communale et d'une orientation

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==