LES CONDITIONS DU TRAVAIL DE LA VILLE·. DE PARIS 3 99 d'aucuns disent à déshonneur, de copier dans sa Yie publique comme dans sa vie privée, le célèbre préfet de l'empire, le baron Hausmann dont Jules Ferry mit à jour les « comptes fantastiques». Les comptes fantastiques de M. Alphand sont encore à faire. Peut-être seront-ils dressés avant et contre sa statue. Bref, M. Alphand, dont on retrouve la trace néfaste dans la plupart des contrats léonins qui lient la, Yille de Paris aux compagnies capitalistes, montra la même complaisance vis-à-Yis du patronat entrepreneur, afin de l'aider en pratique à ne pas appliquer la série des prix et d'être en théorie son fidéle et constant interprcte devant le Conseil municipal. En 1879 premit:re attaque, dont la conclusion est : r0 la cessation de la publication et de la vente <le la série des prix ; 2° la résolution pour l'avenir d'abandonner le dressement secret des prix à l'unique soin de l'Administration et seulement pour ses besoins. M. Cusset, conseiller municipal, obtint de ses collègues le vote de l'ordre du jour pur et simple. En 1881, à la suite de quelques greves, motivées par l'inapplication des prix de série, nouvel assaut du préfet Hcrold à l'instigation de M. Alphand, et cette fois aYec l'appui de MM. Jobbé-Duval et Yves Guyot (déj:\ !). De la part du Conseil, nouYel ordre du jour pur et simple grâc;e aux efforts d'Amouroux, puis durant les années suivantes, pluie d'amendements intentionnellement dilatoires, et ajournements successifs de toute délibération ferme. Bref maintien du statu quo. En 1882, proposition de Joffrin et Vaillant tendant formellement à n'admettre comme adjudicataires des travaux de la Ville qùe les entrepreneurs qui auront accepté la scrie des prix. Malgré des rapports favorables de MM. Sauton et Cernesson, la discussion ne put aboutir favorablement qn'en avril 1887, apres des joùtes oratoires inouïes, notamment entre Léon Donnat et Charles Longuet qui apportcrent, l'un à la dcfcnse de la cause libertaire, l'autre à celle de la cause socialiste, les mille ressources de leur esprit si nourri de science économique. Il avait fallu près de quinze ans, et les progrès constants d'une minoritc socialiste - alors unie - pour faire Yoter en principe par le Conseil que la délibération de 1872 sur la série des prix serait délibérément exécutée. Restaient à prendre les mesures précautionnelles nécessaires pour faire observer le paiement des prix de la série jusque dans leurs sousdétails, c'est-à-dire pour forcer l'Administration à ne plus considérer la volonté du Conseil municipal comme lettre morte. A l'invitation qui lui fut faite sur la propositi_on de M. Sauton d'avoir à inscrire dans les cahiers des charges des clauses de nature à assurer l'exécution des délibérations du Conseil, le préfet répondit
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==