~IOUVDIDlT SOCIAi. 35 I des ouvriers. i\lais h compagnie a,·ait compté sans le bruit formidabk que firent deux journaux radicaux de Londres, le Dai/y Chro11icle t le Star, au sujet de cet acte arrogant; clic n'avait pas prévu l'extraordinaire sympathie qui afflua de toutes parts vers les ouHicrs rem·oyés, mc:mc de la part de plusieurs de ses actionnaires; enfin, la compagnie, en pn:sence de la discussion qui s'engagea alors dans la presse sur la nécessitt'.: de la nationalisa\ion des chemins de fer, jugea prudent de rentrer ses griffes, de capituler et dl! reprendre les ouvriers renvoyés. La deuxième tentative a pour fauteur Lonl Penrhyn, propriétaire des ardoisières de Bethesda, dans le P.1ys de G,11les. Les ou,-riers ::n·aiem fondé un syndicat que leur aristo.:ratique patron leur l.!njoignit de dissoudrl.!. lis s'y rdusérent, alléguant qu'ils a,·aient la loi pour eux, et allant mc:me jusqu'."t proposer de soumettre la contestation :1 1'.1rbitr:1ge, en ,e basant ,ur une loi promulguée l'année dcrnic:rc et qui a pour titre The Co11ci/iatio11.-Jet. Mais Lord Penrhyn est un \Tai sang-bleu qui ne saurait condes.:endre :1p,1rlementcr avec la plèbe. Il refusa hautainement .:t f..:rma ses carrières, san~ se demander ce que deviendraient, en plein hiver, les 3,000 ouHicrs qui'lui rapportent un revenu annuel de I 50 à 200 mille livres sterling. Les ardoisiers en .1pp1.:lère11t au gouvernement qui, par le can.ll du pré~id..:nt du Board of Trad,·, invita Lord Pcnrhyn il se soumettre :1 l'arbitr,1gc. Nou,·cau refus. Le 18 j;rnvier, Lord Penrhyn ess.1ya de débaucher les om·riers en leur fais,lllt annoncer que les carritres serai..:nt ou,·ertcs à tous .:eux qui voudraient reprendre le travail. i\Iais, aprés deux jours d'attente, pendam lesquels pas un seul ouvrier ne se présenta, le lord décl,tra qu'il ne refer.1it plus pareille a,·ance. Les ouvriers, de leur coté, mettem comme condition à la reprise du tr,wail que la dispute soit soumise à l'arbitrage. En attendant, une souscription est en per111.111encdeans les bureaux du Dai/y Chro11ich- et l'on a déjà récolté plus de 50 mille francs. La question de ce loc/,-011/ a été porté à la Chambre des Communes, mais n'y a pas reçu de solution. Combien d..: temps les ardoisiers resteront-ils encore sans travail? Aussi longtemps que les souscriptions pourront les maintenir, et tout fait espérer que· la sympathie publique ne se lassera pas de sitôt. Cette prétention de Lord Penrhyn de condamner ses ouniers .'t la famine a donné à la Land .Vatio11alisatio1S1ocfrty une excellente occasion de faire une active propagande pour la nationalisation du sol. L'illustre naturaliste Alfred Russel \Vallace a écrit dans les journaux une éloquente lettre en faveur de la collectivité du sol, des mines et carriércs. D'un autre côté, le Conseil des métiers de Londres (Lo11do1T1rades' Co1111cil) a voté ù l'unanimité d:tns 'sa dernière séance la résolution socialiste suivante : « Que l'action cruelle et arbitraire de Lord Penrhyn devrait stimuler tous les trm·ailleurs à s'unir pour demander la nationalisation de toutes les mines et carrières. >> Ben Tillett 11ialade. - Ben Tillctt, le leader ouvrier, a/der111a11 au Conseil municipal de Londres, qui avait été récemment arrêté à Anvers par la police belge, traité comme le dernier des escarpes et relâché sur la demande du gouvernement anglais, est un homme dont la faible santé a été fortement éprouvée par les mauvais traitemenb de la police belge. Aussi :1+il dù ci.:sscr tout travail actif en faveur des Trade unions dont il est l'un des plus actifs administrateurs, et les médecins lui ont ordonné d'aller se refaire en Nouvelle-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==