La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

LA COLO:-SlSATI0::-1 SOUS LA TROISIEME RÉPUBLIQCE 2i le Haut-Congo, a\'ec l'Angkterrc un peu partout. (Nous ne donnons pas raison à ces pays, nous constatons seulement les faits, d'ailkur:, fort logiques en leur enchainement.)- La poussi'.:c continue, inscnsi'.:c, irnpl::icable. Le monde curopi'.:en vise le Teh.id, nombril de la terre d'Afrique. Toute la zone entre le S:1hara et Cameroun, cntrc le CapVert et les dunes du Soma!, ést con\·oiti'.:e, sillonni'.:e par les cxpi'.:ditions, di'.:chiqucti'.:e par les con,·c11tions. Nous irons probabk1m:nt d'ici peu au Touat, 1 moins que, sur les incitations de tel ou tel africaniste, nous n'ell\·oyions des hommes \·ers le Darfour, à tra,·ers tout le Continént >-:oir. Un beau jour, nous tenterons une nouYelle expédition de Chine pour saisir le Yunnan ou davantage (simple pri'.:somption, mai~ justifii'.:e par les déclamations des forrystcs). Et di'.:j:i la question d'ExtrèmeOrient rivalise d'intérèt pour nous aYec la question d'Orient. Les Charles-Quint modernes sont plus a\'ides encoré que le roi de toutes ks Espagnes. li leur faudrait deux soleils. Yoil:i le \'ertige des ambitions belliqueusés. Il y :1 une rnég:1lorn:1nie française, :1ussi intense, :1ussi desséchante, :1ussi criminelle que la mégalomanie italienne. :--Jous ayons notre Érythri'.:c: le Soudan, qui a mangé nos hommes, englouti notre argent, plaie saignante :rn Aanc du pays depuis dix-sept ans, a\·ivée lentement, 111:-tisans trL·Ye, d,rns l'élan des colonn.:s blanches et noires \'t.:rs Tombouctou l.1 i\lorte. Comme les hordes barbares du temps de Théodose, nos tir.lillcurs et nos spahis ont marche toujour~, d.: moi-. en mois planté plus a\·ant leurs tentes dans les rocs de fer et les champs déYasti'.:s, - armée nomade sans objectif pri'.:cis, dcYcrsi'.:esur l'Est au capric.: des chefs. Les campagnes du Soudan ne différent des c.1:np,1gncs de Ccs:1r en Gaule que par l'absence de mcthodc; mais clics sont annuelles aussi. De 1880 à 1883, Borgnis-Desbordes; de 1883 :i 1885, BoilcYc et Combes; de 1885 :i 1886, Frey, puis Gallieni, puis Archinard, puis Humbert, puis Bon nier- le dernier de ces conquistadores - ont mené ces razzias pi'.:riodiqucs qui n'ont eu d'égales à notre !'.:poque que les expéditions des colonels russes contre les pellplades du Turkestan. En 189-+, on a ,·oulu aller plus loin qu'en 1893, parce qu\n 1893 on avait franchi les limites de 1892. Le Soudan est le plus beau, le plus pur spécimen de la colonisation militariste; nous )' reviendrons, car l'exemple est d'importance. II COLONISATION ANCIENNE ET MODERNE Entre cette expansion toute contemporaine et l'essaimement colonial des anciens et des États du seizieme siecle, nous ne sa1s1ssons pas

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