La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

POLITIQUE INTER~ATIONALE POLITIQUE INTERNATIONALE Au mois d'octobre Jernier, le directeur de cette Revue Aétrissait ks assassinats en masse opérés en Arménie, en Crète, :i. Cuba, et il disait au nom des socialistes de francc: « A l'Internationale des gouYernemcnts, assurance mutuelle contre l'esprit d'indépendance et les rcYendications des traYaillcurs, ils opposent résolument l'lnternationalc des peuples, éternelle protestation du droit contre la force. » Cette protestation, rcnm1Yelée :·1 la tribune par les orateurs de notre parti et soutenue par quelques catholiques, tombait et s'éteignait dans ttn silence qui, parait-il, était d'or pour une partie de la presse française. Et Yoici que, la Crète s'étant de nouveau soulen:e, notre gouYerncmcnt, qui pouvait du moins s'abstenir, renie les plus glorieuses traditions de notre pays, s'associe :\ une oppression, aide :\ consolider une tyrannie, se fait, au profit d'un sultan massacreur, l'humble serviteur d'intérêts financiers, le caudataire de monarques absolus, le complice d'une nouYelle Sainte-Alliance. C'est un crime de lèse-humanité comme de lèse-patrie. Nous demandons à nos ministres s'ils n'ont pas honte, au fond d'eux-mêmes, de s'unir aux puissants pour accabler des faibles et de rcnYerscr ainsi le role historique de la France. Nous leur demandons de quel front ils oseront réclamer contre l'annexion de l'Alsace-Lorraine, L]Uand ils Yiolent en la personne des Crétois le droit qu'a toute population de choisir sa nationalité. Si une majorité servile se résigne encore dans les Chambres ù approuver cet affront aux principes fièrement proclamés et défendus par nos pères, nous nous réjouissons de le voir comlamné par le cœur de la France; et, en envoyant nos sympathies aux opprimés de tom pays, 1 nous saluons avec joie le réveil de l'opinion publique et surtout de la jeunesse intellcctucllc. Puisse un sursaut d'indignation, un soulèvement de dégoôt nous débarrasser enfin de la politique <l'injustice :rn dehors! La politique d'injustice au dedans, qui en est le complément naturel, en sera du même coup atteinte! Il y a une unité de conscience qui • s'impose et nous comptons sur la loo-iquc inexorable des choses et 0 . des idées, nous qui entre individus comme entre nations voulons le regnc de la justice. 10 mars 1897. GEORGES RENARD.

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