La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

(j~ A{.;TRE ÉCONm!ISTE SOCIALISTE : H.-M. H\'NDMAK 193 prix de monopole peut quelquefois se maintenir pendant une période considérable par une limitation artificielle.: <le l'offre Yis-à-,·is d'une demande existant préalablement, même pour des commodités qui, aYcc k temps, sont susceptibles d'un accroissement presque indéfini.>> Cette note, placée comme post-scriptum ù un chapitre où la théorie de l'utilit<'.: et la loi de l'offre et de la demande sont fortement malmenées, au lieu de se trOU\'Cr dans le chapitre même, me paraît n~s~cmbler :'t une concession faite à regret. i\lais d'un autre càté, pour rétablir la balance, Yoici une concession en sens contraire qui ne déplaira pas à Mr. Hyndman. Je l'extrais du livre du professeur Marshall, intitulé Eco110111oicf sl11dwtry : « li est donc incorrect de dire, comme Ricardo, que le coùt de production seul d_<'.:rcrmincla Yaleur; mais il n'est pas moins incorrect <le faire de l'utilité sculc,- commc d'autres le font, la base de la nlcur. Il est certainement nai que l'utilit<'.:est toujours une condition de la \'alcur. >> Le troisi<'.:mc chapitre traite de la plus-Yalue. En YOici un résumé tn::s succinct: --- Tous les échanges ont lieu entre \'alcurs équiYalcntes; même un l'.:changc inégal ne crl'.:c pas de richesse; cc que l'un perd, l'autre le gagne. - Le producteur capitaliste qui \'Cnd 110 francs cc qui lui rcYicnt à 100 francs fait ainsi 10 francs de; profit ou de plusYalue. D'oü pro,·icnt cette plus-,·alue? :-:ide la rl'.:compensc pour les risques qu'il encourt, ni des matières premières, ni d'un échange in<'.:gal,mais de la dernière commodit<'.: que le capitaliste a achetée, c'est-à-dire la force de traYail incorport:c dans des articles d'utilité sociale. Cette force de traYail, l'ou,Tier (qui n'a que cette comrnoditc à échanger) la vend parce qu'il y est oblige, parce que, s'il ne la vcnd_ait pas, il mourrait de faim. Le prix quotidien de; cette force de traYail, c'est-a-dire le salaire, ne représente qu'un cinquième, un quart, un tiers ou une moitié du prix d'un jour de traYail social, quelle que soit sa longueur. De sorte que le capitaliste reçoit de l'ouHicr, en Yalenr de travail social incorporé dans les commoditcs,· la Yalcur totale de son salaire a\'ant la fin des deux, trois ou quatre premiéres heures du jour. Mais il a le dr9it, dont il use, d'employer dans les mêmes conditions, la force de travail pendant le jour entier. Conséquemment, pour chaque heure que l'ouvrier traYaillc en échange de son salaire, il travaille une, deux, trois, quatre et même cinq heures pour k capitaliste, sans en rcceYoir aucune compensation. La Yaleur ainsi appropriée par le patron constitue la plus-nlue qui est partagt:e entre les di\'crses sections de la classe non productrice. Dans le quatrit:me chapitre, Mr. Hynd1uan traite de la circulation des commodités, et d'après lui-même, c'est le chapitre le plus difficile et le plus ardu du livre. Il s'est ser\'i, pour le rédiger, des deuxième et. troisi&mc ,·olumes du Capital. De même, dit-il, que les traYailleurs

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