La Revue socialiste - 1897 - Tome XXVI- vol 01

REVUE DES RE\'UES Chaque jour les revendications féminines se fortifient et se précisent. De plus en plus nombreuses et d'autant plus \'aillantcs qu'elles ont à lutter contre les préjugés et le ridicule, des femmes se groupent en sociétés d'action, se réunissent en congrés, publient journaux, revues, brochures, pour réclamer hautement d'une société qui ne leur reconnait que des devoirs la part de droits qui leur est duc. Des philosophes comme IvlM. Léopold Lacour et Jule5 Bois se font leurs porteparoles dans des confcrcnces et des li\'res. Des députés, parmi lesquels :\1M. Bcauquicr, La\'y, Clo\'is Hugues, Antide Boyer, etc., prennent au Parlement l'initiati\'c de propositions de lois tendant au relcvement de la condition soci:dc <le la femme. Qu'y a-t-il au fond de ces rcclamations passionnées?- Tout d'abord un sentiment de ré\'olte contre un état de chost:s Yit:illi, contre un ensemble d'injustices qui froissent dt:s intérêts et des fierts:s; puis, un appel ;\ la justice, :iu bon sens de tous; un \'if sentiment de lutte contre l'égoïsme de l'homme, contre l'ctroitesse de ses lois qui oppriment au lieu <le défendre; un ardent désir de liberté pour tous, le révt: enfin d'un monde nOU\'Cau, oü la solidarité rempbcernit la lutte, oü l'Amour détràncr:iit !'Argent. Les féministes - consciemment ou 11011 - sont des révolutionnaires, leur œuHe est une partie de la nôtre et les progrcs de leur cause sont autant de succés pour nous. Aussi, aYons-nous lu a\·ec grand intén:t le travail public dans un numéro spécial <le b RHUE E~cYCLOPl~DIQUE (28 no\'cmbre 1896) sur les Fem111est le Fé111i1Lis111e. C'est une sorte de résumé ample à la fois L't précis donnant une notion nette des tendances et de la force d'une doctrine philosophique, d'un rnouYCmcnt social. Mme Marya Chéliga, dont on connaît la clarté d'esprit, l'cnthousi:istc foi et l'érudition, étudie en deux articles les hommesfémiuis!rs et l'évol11tio1d1u fùni11isllle. C'est la, croyons-nous, l'essentiel de la brochure non seulement par cet heureux choix de sujets qui nous fait connaître une doctrine sous ses deux aspects, actif et théorique, non seulement par des qu:ilités particulicres de cbrté, de méthode et de logique sans pedantisme, m:iis surtout par cc fait que l'aukur est intéressée a la question et mieux placée que quiconq~1e pour l'exposer. Mme Chéliga s'est adressée à un certain nombre de nos contemporains, « quelques hommes de vrai mérite qui sont surtout l'expression de la plus grande variétc de principes, d'cc_oles, de car:ictcres professionnels, de croyances, de races et de nationalités. » ... « J'apporte, dit-elle fort joliment au dcbut, glaneuse reconnaissante; cette gerbe intellectuelle _ dont chaque épi fut cueilli sur un champ différent et je l'égrène pour cnscrnen.:er l'avenir. »

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