' . • ' SOCIALISTES ET DÉMOCRATES EN ITALIE Le parti socialiste, représentant du prolétariat, ne peut agir quc de ces deux maniércs : 1° Ou chercher, par les moyens légaux, à soulager le plus tôt possible, en opérant les réformes les plus urgentes, les souffrapces de la classe qu'il représente, et dans cc cas l'alliance aycc le radicalisme ne saurait être un épouvantail; 2° Ou refuser toute alliance, en laissant le peuple attendre et se plaindre, et alors il doit souhaiter que les souffrances du prolétariat soient assez vives pour lui faire perdre patience et la mesure et pour le pousser aux suprêmes résolutions. Alors il ne faut point parler d'érnlution; la science aura fait une vraie banqueroute, et les pl us coupables en cela seront les socialistes. La guillotine, peut-être, fera son office, et nous, rêveurs incorrigibles, nous serons les premiers à laisser notre tête sur l'échafaud et avec elle nos illusions d'évolution pacifique. * * * Les simplistes, les champions de l'intransigeance coûte que coûte oublient le péril d'une coalition cléricale et modérée, péril qui a déjà été signalé dans cette revue ( I). Pour eux, il n'existe aucune différence substantielle entre un fauteur du pouvoir temporel des papes et M. Colajanni : ils sont tous bourgeois; il faut les repousser. En attendant, les journaux clérkaux augmentent de jour en jour; les sociétés catholiques poussent comme des champignons sur tout le sol de la péninsule; même les voltairiens, les esprits forts, ceux qui n'invuquent Dieu que lorsqu'ils ont 40 degrés de fiévrc, applaudissent à tout rompre à cc regain de mysticisme et ils tombent en extase devant Léon XIII. En attendant, on parle aYec insistance de tentatives de réconciliation, prélude à la prochaine coalition des modér~s et des cléricaux pour écraser « l'i11fâ111e », c'est-à-dire le socialisme. Notre parti peut-il rester indifférent en présence de ces périls? La liberté politique n'est-elle pas la condition indispensable pour que nos idées poussent des racines indestructibles? J'ai seulement effleuré le sujet, en cherchant à étudier un.c des faces d'une question qui en a tant. C'est au Congrès national de Florence, qui aura lieu les 11, 12, 13 juillet, de dire son avis. Souvenonsnous que les partis, selon le mot de Karl Marx, ne vivent pas de for- (r) Voir Félix Momigliano : La 11011velSlcafo/e-.4/limrce m Italie, mai 1895.
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