LE SOCIALISME EN 1896 LE SOCIALISME Un bon négociant fait :'t la fin de l'année son inventaire; un grand parti en marche peut aussi profiter de la même date pour se demander ou il en est sur la longue route qu'il dévore par le vent, le soleil et la pluie, plus souvent toutefois dans le souffle déchaîné des bourrasques que sous la sérénité du ciel bleu. Cc n'est pas un étroit coin de terre qu'il faut considérer pour se rendre compte de l'espace parcouru; il faut embrasser <lu regard la moitié <lu globe, promener sa vue de l'Orient a l'Amérique, de l'Europe a l'Australie. Comment le mouvement ne serait-il pas divers dans une telle diversité de pays? Et pourtant cc qui frappe au premier coup d'œil, c'est, malgn': les différences nationales, une étonnante unité de principes, une formidable communauté de revendications et d'espérances. • En tout pays, le but poursui\·i est la socialisation des moyens de production, d'échange, de circulation; c'est l'organisation d'un régime ou chacun, sauf l'enfant, le vieillard, l'infirme, soit a la fois obligé de travailler et sùr d'avoir libre acces aux instruments de traYail; ou tout être humain, sans distinction de sexe, de race, de religion, de classe, puisse avoir sa part des jouissances de corps et d'esprit réservées jusqu'ici a des privilégiés; ou, par l'accroissement simultané de la solidarité et de la liberté, par la coïncidence établie entre l'intérêt privé et l'intérC'.t général, chaque individu soit en état de développer sa personnalité dans toute son ampleur sans nuire à la légitime expansion d'autrui et de la société tour entiere. En tout pays, les moyens pour atteindre ce but sont doubles : d'une part, l'union de tous ceux qui souffrent, en leur bien-être ou en leur appétit d'équité, de l'inégale réparti_tion de la fortune o_u du 4r
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