UN DtPOT DE ME~DICITÉ Mais le chapitre des surveillants N'est pas bien moins intéressant, A Wortel. Car Maes attrape des coups de bêche, Pour s'être montré trop revêche, A Wortel. Et Van den Bergd est tout pourri A force d'nous taire bouffer du riz, A Wortel. Et l'double (1), qu'a les cheveux en brosse, Est la plus grande de toutes les rosses De \~'Ortel. Un jour, la Social\! triomphante Ferm'ra la piole (2) abrutiss:inte De Wortel. Le travailleur alors s'ra libre, Parc' qu'il gagnera de quoi vivre Sans \\ •ortcl. • Et la Marianne socialiste, Chassant les som·enirs si tristes De \Vortel, Voudra éclairer la justice Et faire un grand feu d'artifice De tout Wortel! 47 Puisque je vous ai dit un mot de la littérature du refuge, laissezmoi aussi mentionner son théâtre. ·wortel a une Société dramatique. Quelques intelligents parmi les colons consacrent leurs heures de repos à ce divertissement, et la veille des jours de fête ils donnent des représentations au personnel, quittes à rejouer le lendemain pour les colons. Leur bonne volonté supplée a tout. Ils peignent, construisent, étudient, brossent des décors pour leurs mélodrames, montent des théâtres en planches, étudient leurs rôles la nuit, tressent de la paille pour simuler des galons. Leurs facultés d'invention sont énormes, incroyables : ils sont décorateurs, costumiers, armuriers, musiciens. La Société dramatique réunit les débris de tous genres que les professions libérales ont envoyés au dépôt par je ne sais quel chemin, dont la description constitue à elle seule un roman. ]'y ai connu un prêtre défroqué, un ancien officier d'artillerie, un ex-instituteur et d'autres encore d'une semblable provenance. L'ornementation de leur théâtre est des plus originales, et les (1) Allusion au double galon du gardien-chef. (2) Piole : auberge.
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