La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA RE\'UE SOCIALISTE ce ca~, :'i l\:11cn: <la11sune case rcsern:e à cet effet, émis par les fédérations <l..: syn<lic:ns et remis rar elles aux négociants qui s'engagent à vendre des marchandi~es produites par des ouvriers syndiqués. Chaque fois qu'un travailleur appartenant à une union ou une personne db·oué..: :t l'institution des trndes-1111io11s achète chez un de ces commerçants, elk se fait remettre en échange de son argent et en même temps que les objets qu'elle a acquis des tickets rcpn'.:scntant la valeur de ceux-ci. Elle renvoi..: ensuit..: ces circle-checks au syndicat dont clic fait partie ou auquel elle ~·i11tércsse,lequel, il so11tour,- les transmet à l'union fédérale. D..: cette manière l'union fédérale exerce un contrôle sur les commerçants ..:t sur ks sy11dicats. Elle sait quels sont les négociants - ces <lerni..:rsdoivent marquer d..: leur cachet les checks qu'ils mettent en circulation - qui soutiennent ks ouvri..:rs dans leurs revendications et elle peut mesurer les efforts que chaque !rnde-1111io11 développe pour faire triompher la cause des trarnilleurs. De son côté, chaque commerç:mt voit, d'aprcs les demandes de tickets qui lui so11t faites, pour quelle part les ouvriers syndiqués intcn·ienncnt dans ses affaires. Plus ces demandes sont importantes, plus il est tenté de mettre en ,·eme d..:s produits fabriqués dans les conditions <le rémunération et de durée <le tra,,til fixées par les syndicats et plus il contribue à faire aboutir les revendications dé ceux-ci. Il va sans dire que ks unions fédérales exercent le contrôle le plus rigoureux sur la provenanc..: des marchandises mises eu vente par les négociants disposant de circle-check.s . \ujourd'hui que le système n'en est qu'à ses débuts, il n'est pas exigé que les commerçants ne débitent que des marchandis-cs produites par des ou\Tiers syndiqués. Transit0ircment cette condition n'est exigée que pour un certain nombre de produits, le pain, la bière, les cigares, les chapeaux, par exemple; on espérc que l'application se généralisera par elle-même et que ceux qui en profiteront tendront eux-mC:mcs à lui donner la plus grande extension possible. On compte également - et cela autant pour disposer d'un 1110> en de contrôle que pour créer des ressources nom·elles - prélever, lorsque Ltpplication sera plus étendue, une légérc redevance sur les circle-checl!s mis à la di5position des commerçants. Les grèves et loc!.011/s ont, d'aprés le "- Département du TraYail », atteint pendant une période de treize ans et demi (du 1er janYier 1881 au 30 juin I 89.~) 7 5, 2 H établ isscments industriels et 4,08 I ,096 om-riers. Les pertes de salaires se sont éln·ées à 190,--193,382 dollars. Les dommages subis par les patrons à 9--1,825,837 dollars. Les deux tiers des frais d<: la guerre industrielle ont donc éte supportés pat la classe ou nier<:. Et malheureusement la victoire ne leur est pas restée en géncr:d; 32 °/o seulement des greYes ont pleinement réussi; 12,L16 °/o partiel lcmrnt; 55, 50 °/ o ont totalement echoue. Cc qui rend cc chiffre particuliércmcnt alarmant, c'est que la proportion de celles qui reussissent Y,t s'affaiblissant d'année en annec comme il ressort du tableau suiYant :

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