REVUE DES LIVRES 373 l'Académie des Sciences de Lisbonne, Puglia, professeur à l'Université de Messine, l'illustre Garofalo qui veut être, l'on s\:n souvitnt, le croqucmit.tinc des socialistes, et son émincm adversaire, notre ami Enrico Ferri, dis,cn.::n.:nt sur « le crime comme phénom0nc social ». Aux études de M_.Kowaleski sur le passage hist0riquc de la propriété ..:ollectivc: à la propriété individuelle et du sénateur russe Paul de Lilienfcld sur l'évolmion des formes politiques, M. Raoul de la Grasserie greffa un mémoire sur « l'.évolution de l'idée d'aristocratie. )> Cette th0sc ressemble beaucoup aux idées naguéres soutenues par M. Henry Bérenger en un volume dont il com·ient de faire remonter l::i filiation intellectuelle à i\1.Maurice Barrès. Quant à nous, nous nous joignons (1 M. le baron de 1-::rauzpour déplorer ces sentiments de défiance à l'égard des mouvements populaires spontanés, de crainte même cn,·l'rS la démocratie, que l'on se pla.it ù nommer dédaigneusement: ochlocrnlil'. Et nous constat0ns avec douleur qu'un pareil ét:n d'esprit est singulièrement semblable à celui d':want 18 5 1, et combien il contie.nt de dangers pour le progrès soci,11. * * * GEORGE KENNA::--1. - Les Prisonniers politiques en Russie (Traduit de l'anglais par ALF. TEsTuz). Genl'.:Yc, librairie Stapclmohr, 2+, rue de la Corratcric. Voici dl! l'histoire contemporaine écrite p.1r un Américain, qui n'a épousé aucune de nos prévchtions, aucun de nos engouements nationaux, et qui aime pourtant les Russes, pour avoir appris à fond leur langue et avoir vécu de leur vie. Mais, parce qu'il les aime, parce qu'il a su compatir ù leurs souffrances et comprendre leurs aspirations, il a atteint parfois la plus haute éloquence dans ce superbe réquisit0ire bourré de faits. Les premières conférences que Kennan donna sur la déportation en Sib<'.:ric, à la suite de deux premiers voyages, étaient plutè>t optimistes. Aussi, à sa troisième expédition, George Kennan bénéfi..:ia d'une réputation d'ami de.la Rus~ic; bon nombre de portes lui furent ouvertes, dans l'immense empire, qui restent fermées au commun des explorateurs. - Ses rapports secrets ave..: les déportés politiques complétèrent cc que ses visites précédentes dans les prisons de la Sibérie lui avaient appris, et il rentra aux États-Unis, le cœur serré d'horreur, a,·ec un dossier formidable, dont M. Pierre Bertrand emprunta plusieurs pièces au Ceutury Illustrnl<!dMo11thlyMag11:J11e pour les traduire il y a quelques années dans la R<'vue5_ociali,le. Le dossier a fini par former un volume et trouYer un éditeur dans t0us les pays civilisés, ex..:epté en France. Heureusement des Suisses français ont c·omblé cette lacune. Mais le succès ne semble pas se dessiner, car les journaux de France ont organisé autour de cette œu,•re noble et généreuse b conspiration chauvine du silence. Les conclusions du livre de George Kennan et ses protestations contre l'absence totale de liberté sont pourtant les mêmes que celles qu'avait déj:1 formulées un Français. Dans sa Russieeu 1839, le marquis de Custine avouait que nul bonheur n'y est possible. La Russie est semée de bastilles, la Sibérie d'oubliettes et dt: bagnes, et
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