REVUE DES LIYRES 3ï 1 l'assistance charitable par un vaste systo'.:med'assurances mutuelles et jetter;tit les premières bases sérieuses de la solidaritl'.: nationale et communale. Je sais bien que dans son livre, plein de génl'.:reuse l'.:motion, de chaleur .:ommunicative, ;\1. Paul Strauss rend hommage à de solennels ba\·Jrds, \'Ous savez, ces philanthropes si bien cinglés par ;\I. Georges Renard dans un passage de La Co11i·ersio1d1'A11dn;Saumay. ;\lais qu.: \·oulez-\·ous, M. Strauss, qui fait panic du conseil supérieur de l'Assist,ln.:e publique, est un peu un p.:rsonnage officiel. De là l'eau bénite qu'il distribue :1tous ceux avec lesquels l'ont mis en rapport ses études sur l'assistance. ;\lais, à coté de cette di~tribution dt prix, qui a pourtant le mérite d'être un historiqu..: tro'.:scomplet d..:s progro'.:sd..:s idées humanitaires ..:t médicales <'.:misesur l'assisunce, à coté de la distribution d..:s prix, il y a une p.:tite distribution de verges, à l'adr..:sse des cir.:ulaires et décrets impitoyables du premier Empin: non encore abrogés quoique tombés panidlement en désuétude, à l'adresse de la passivité et de la stupidité p,tp..:- rassière de certaine bureaucratie, à l'adresse de l'egoïsme et d..: l'étroit..:sse de jugement de certaines assemblées départementales, etc., etc. i\lais contre l'ègoïsm..: politico-malthusien d..:s classes encore dirigeantes, contre lt:s néfastes gouvernants qui s'incrustent au pouvoir, pas un cri dt.: réprobation, pas une clameur \'engen:ssc. C'est en suppliant qut.: ~I. Paul Strauss invoque les pouvoirs publi..:s. C'est avec des a,cents tragiques dignt.:s de Sophocle et d'Euripide qu'il évoque les misères des filles-mères, ks tortures des malheureuses honteust.:s, les affres des ouwières s,rns tr,wail, les angoiss..:s des ménag..:s trop pauvres. C'est avec J.::s apitoiements ft'.:minins qu'il dt'.:peint la situation des nouveau-nés du prolt'.:tariat (1). Car ce li\·re, l' F:11fi111r1t1al1Jmn·11st, n'est que le premier d'une série, et il y t1-;1iteuniqu..:ment des secours préventifs auxquels ont droit toutes les mères p,1uvres, qu'elks soient mariées ou ne le soient pas, ab.rndonnl'.:es ou non. Et peu importe qu'elles soient malheureuses par leur faute, par accident, ou par doux péché d'amour, voire 111.'.:mpear vice indéracinable. Trois fois sainte est la maternitl'.: et combien souvent rédemptrice! C'est dans la mt:rne attitude que le Christ priant son Père au Jardin d.::s Oliviers que M. Paul Strauss implore ;\linistère et Parlement, afin que soit enfin promulguée la religion du dévouem.::nt et du sacrifice, telle que l'a proclamée Michelet : Si t.1 mère ne peut te nourrir, si ton pèn: te maltraite, si tu c, nu, si tu .ts faim, viens. mon fils, les portes sont toutes gr.inde, ouYencs, et 1.1 France est au seuil pour t'embrasser et te reccYoir. Elk ne rougir.1 j.11n.1is,cette grande m~re, de prendre pour toi les soins de la nourrice, elle te fera d'une main hcroïque b soupe <lu soldu, et si elle n'avait pas de quoi enYclopper, réch.mffer tes petits membres eng-ounlis, elle arr.1chcrait plutôt un pan dé son drapeau. Hélas! La Fr,mce d\1ujourd'lrni arrache bien des p.ms .i son drapeau, mais c'est pour les donner à l'empereur-pape de toutes les Russies. Et au seuil des logis pauvres, ce n'est pas l,1France qui se près..:nte, c'est !J Yillc de Paris. Sur (1) L1. question de l.1 dépopul.ttion préoccupe füSSi beaucoup :\1. Strauss, et c'est m~me l'objet des deux premiers chapitres de son Yolumc. ~I. Paul Strauss voudra .!one, s.rns doute, se joindre :\ nous, au Conseil municipal, pour dem.tndcr une enquête sur les faits sc,mdaleux révélés par l.1 thèse ,lu docteur C.1.nu, et exiger au besoin ks exécutions nécessaires des morticoles ,·irtuoses de l'o,•3riotomic. \
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==