l'-IOUVEI.LE 1:-.:TERPRÈTATJO:-.; DE Plltl\O)Ii::KES SOCIOLOGIQUES 311 puisse rien leur app1-cndre. On peut s'.::n convaincre encon.: par l'expérience sui,·ante : on met une abeille sous un verre et, après avoir COU\'Crt les parois de cc dernier par u11morceau de drap sombre, on expose le fond au soleil, en laissant l'ou,·crturc libre dans l'ombre. La pauwe prisonniérc se battra des heures entières contre le fond du ,·c1-rc et ne cherchera pas à s'enYolcr par l'ou,·erturc laissée libre. L'araignée ne sera jamais réduite à une telle détresse; ne trou,·ai1t pas d'oun:rture d'un coté, elle se jette de l'autre et sort ,·ictoricuscrnent de la situation. Elle est courageuse, \"Olontairc et intelligente. Le caractère artistique de sa toile est ù remarquer, de même que ses manœuncs de coquette: la femelle ne ccde pas au mftlc tout de suite et sou\'cnt le dérnrc, ce qui constitue un stimulant au développement de son courage et de son intelligence. Par contre, la solidarité n'apparait que dans les soins prodigués aux jeunes. De même, parmi les \"Crtébrés, on peut remarquer que le dé\"eloppemcnt psychique des représentants des différentes cspcccs est d'autant plus grand que la cohésion sociale est plus faible. Parmi les oiseaux, il suffit de comparer la stupidité des canards, des pigeons et autres oiseaux vi,·ant par grandes bandes trés solidaires, a\"CCl'intelligence des faucons et des épcn·icrs qui \"i\"ent solitaires. Nous ne parlons pas de l'aigle, cc roi des airs. Pendant que les oiseaux de cc dei-- nier type sont guerriers et rapaces, ceux du premier sont d'une solidarité à toute éprcu,·c, et la rapacité, dans l'cnccin~c du groupe, ne se. rencontre presque pas ou est sé,·èrcmcnt punii.:. On y rencontre sou\"Cnt même des rudiments de justice d de sentiment du dc\"oir. Chez les mammifères hcrbi,·orcs et autres vivant par troupeaux, cc sentiment du devoir devient de plus en plus maniCeste, la rnoralite et la solidarité toujours plus parfaites; mais chaque indi\'idu séparé du troupeau, oü il suit aveuglément tout le monde et le chef, est infiniment bon1é, presque stupide. J\[cttons en regard l'intelligence proYcrbiale des grands carnassiers comme les lions, les tigres, chez lesquels nous trom·ons des phénoméncs de discernement et de critiq uc. Les bandes, les troupeaux apparaissent comme des moyens de défense dans la lutte pour l'existence contre des ennemis plus forts. Le danger du péril diminue ainsi pour l'indi\·idu, mais en même temps aussi la possibilité d'une large et di\"crsc lutte pour l'existence, ce le\'icr le pl us puissant de son dcYcloppemcnt. Il gagne, d'un autre côté, par la Yie en commun du troupeau, une plus grande facilité :'t satisfaire la faim, les appétits sexuels, les besoins de solidarité et de sympathie qui se forment dans cette vie; l'échange des sensations et des pensées s'y fait aussi plus facilement. Tous ces gains sont en partie bons, en partie mauvais pour le développement psychiq uc de l'individu; mais en somme, comme les faits cités plus haut le démon-
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