La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

U~E DISCUSSION DOCTRINALE ENTRE JOURDE ET MALON 295 peut prétendre >>. Et d:ins le A1a11ifestdees Égaux: « L'Égalitc ne fut donc qu'une belle et stcrilc fiction de la loi )). Nous en sommes toujours au point capital du malentendu. Vous me dites « que 1~ prop;-iétc influe be:iucoup plus sur les mœurs guc les mœurs n'influent sur le fonctionnement de la proprictc, et cela, ajoutez-vous, je puis le dcmontrcr l'histoire en main >>. Je n:ponds: La propricté est une résult:rnte, une conscguencc (l'histoire en main), par conscqucnt elle ne saurait ètre cause, clic est effet. Tout est là, entre nous, à mon sens; c'est pourquoi je crois à une modification profonde de la propriété dans un sens en opposition au mode individuel actuel, mais cc, aprés une série de modifications ou de révolutions qui auront prcalablemcnt, sans nier la question sociale, au contraire, transformé les rapports politiques, moraux, etc., des hommes entre eux. Mais je m'aperçois guc si je me bissais entraîner sur èc terrain, j'entamerais toute une discussion, un peu trop baYarde, trop ù bùtons rompus, mal enchaînée, et qui rendrait mal ma pensce. J'ai voulu, en commençant, et ,\ la hâte, répondre ù quelques passages de votre dernière lettre. Qu:int .\ vous suivre sur le terrain oü Yous m'appelez, si courtoisement, mon cher ami, vous me trouvez fort embarrassé. Votre défi amical est bien séduisant, mais nous sommes bien cloignés l'un de l'autre. D'un autre côté, je suis si peu libre que j'apporterais, bien malgrc moi, des retards L\chcux pour une polémique qui exigerait, je crois, l'exactitude et une certaine rapidité. Enfin, dans l'ctat actuel de notre parti, cette discussion aurait-elle toute l'utilitc que vous voulez y Yoir, d'une manière peut-être un peu trop flatteuse pour moi? Je s-ais que vous 0tes solidement armé et je désirerais, l'homme est ainsi fait, que les circonstances de temps, dt lieu, d'étl!lks, de recherches me fussent plus favorables pour rompre, i armes courtoises, quelques lances avec vous. Je me vois obligé de vous quitter, et je le fais à mon très grand regret. Cependant, avant de finir, encore un mot. Je vous donne en quelques lignes mon Credo à la troisieme page de ma lettre. Je complète cc passage par cette citation de Lassalle : « Jamais je ne me suis servi de l'expression « solution sociale ll, parce que la transformation de la société scr:i l'œuvrc des siècles et d'une série de mesures et de réformes qui sortiront organiquement les unes des autres ll. A bientôt le plaisir de vous lire. Bien à vous, Fr. J. La discussion en resta là. Elle permet telle quelle de mieux comprendre une des étapes du socialisme français.

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