La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

262 LA RE\"UE SOCIALISTE ( 1896) mérite de fixer l':lttcntion de tous les pionniers du progrès politique et social. Les socialistes y trouYcront l:i confirmation de plusieurs de leurs ..:ritiques du régime capitaliste. On Y,len juger. Les ,·annacque et autres statisticiens ministériels ont_ une façon peu recommandable d'expliquer les phénomènes démographiques. Ils ..:réent des théories dépour\'ucs de toute base... et les scr_;-·cntaux lecteurs de l'Ojficicl, dont clics alimentent l'optimisme. Leur cécit( est séYèn:mcnt jugée par le chef des traYaux statistiques de la Yille de Paris. « C'est aycc surprise et aYcc regret, dit-il, que j'ai lu dans le .fo1m111oI //iriel de l'année dernière et dans celui de cette année que l'affaiblissement de la natalité française (tait dù :i cc_que la guerre, il y a Yingt-cï"nq ans, a supprime un certain nombre de jeunes gens et diminué pendant quelques mois le nombre des naissances. Une opinion aussi paradoxale demanderait ù être fortement appuyée; cependant, on ne l'appuie sur aucun commencement de p1-cu,·c. On endort ain~i l'opinion publique qui n'a que trop de tendance à se désintéresser de cc terrible problcrnc. << Le mal qui pdparc la déchéance de l:i France est rnalhcuremcrnrnt beau.:oup plus gran: et plus in,·(téré. li ne date ni de la guerre (qui n'a eu sur lui aucune inHue1Ke, ni grande, ni petite), ni d'un demi-siècle, mais d'un plein siècle entier. » Les chiffres fournis par Bertillon sont trop concluants pour ne pas être cités. De 1801 ù 1810, la moyenne annuelle <lesnaissances fut de 33 cnYiron par millier d'habitants. Cette moyenne tomba ù 32 pour les années 1811-20, à 31 pour les années 1821-30, ù 29 pour 1831- ~o, ;i 2ï pour 18.p. -50, ;\ 26 pour 1851-60 et 1861-jo, :i 25 pour 18ï 1-80, .'t 2 ~ pom 1881-90 et à 22.6 pour 1891-93, soit une diminution g0nérale de plus de 30 °/0 .• \joutons que le nombre des enfants 16gitimes par mariage, qui <'.:tait<le _,_.2 pendant les dix premicres années du siècle, n'est plus aujourd'hui que de 3. Actuellement la mortalité dépasse la natalité. « Non seulement la guerre n'y est pour rien, mais le fait pouYait 1;tre annone( longtemps ayant qu'elle eût lieu, remarque fort justement notre d<'.:rnographc.Mon père, notamment, a fait cette pr6diction il y a d6jà très longtemps. Après aYoir d6plor6 « la d6croissancc con- « tinue de h natalité française, fait démographique uni\'crscllement « pr6scnt6 par tous les départements », il marque son effroi de le Yoir « si prononcé, si continu depuis le commencement du siècle, si <lésas-

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