La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

212 LA REVUE SOCIALISTE tautot pour exprimer sa sympathie au citoyen Ghesguière, élu conseiller général dans le département du Nord, ou à notre ami Dclory, suspendu, ,lll lendemain de cette élection, de ses fonctions de maire de Lille. Gérault-Richard eut la bonne pensée de faire envoyer par le Congrès un salut respectueux et reconnaissant à la mémoire de ceux qui, dans cette même Yillc de Londres, fondèrent, YOici plus de trente ans, l'Internationale. Enrico Ferri fit \'Oter une adresse rejetant sur la société capitaliste et sur la concurrence qu'elle entraine la responsabilité des rixes survenues â Zürich entre traYailleurs suisses et travailleurs italiens. Argyriadés demanda que le Congres exprinüt sa sympathie aux opprimes de la Macédoine, de la Cn'.:te et de Cuba, et le Congrès s'associa à son dèsir en élargissant la proposition, en adressant ses vœux de délivrance aux opprimés de tout pays. Il faudrait citer encore les discussions intéressantes guc soulcYa la situation de certains délégués appartenant surtout à la délégation polonaise ou à la dclégation russe. Mais le moment est venu de conclure. On peut remarquer que dans l'œuvre du Congrès les déclarations flamboyantes et vagues sont i peu près absentes. Il me semble que la plupart des résolutions votées se distinguent par un caractère pratique gui est un pas du parti socialiste vers !J réalisation de son idèal. Sans doute (et c'était inévitable dans une pareille Babel), il y a eu çà et là guclgue confusio11 et aussi des déc.isions sans portée scrieuse. Mais je ne crois pas me tromper en disant gue, regardé de haut, cc Congrès témoigne d'un progrès très marqué dans l'intelligence politique du prolétariat universel et dans la co.nscicnce de sa force grandissante. IV Cela dit, nous serions coupables envers nos camarades anglais s1 nous négligions de rendre hommage aux efforts qu'ils ont faits pour rendre le séjour <le Londres agréable à leurs hôtes. Arrangements avec quantité d'hôtels et de pensions pour les loger et les nourrir a des prix modérés, arrangements avec les théâtres encore ouverts pour les amuser à bon compte, invitations des divers corps de métier aux délégués appartenant à la même industrie, organisation de deux gramls meetings, l'un anarchiste, l'autre socialiste, afin gu'il y en eût pour tous les goûts, tout a ètc calcule pour faire oublier aux délégués d'Amérique et du continent qu'ils étaient en pays étranger. Le Congrès terminé, une grande fète très cordiale a réuni tous les congressistes au Palais de Cristal; après un banquet ou il a été porté des toasts très chauds, mais trcs brefs (l'assemblée était rassasiée de discours), à la ]:{évolution sociale, à l'hospitalité anglaise, a la 1 .

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