ï51 LA REVUE SOCIALISTE la nation, le socialisme tranillc à substituer b propriété sociale à la propriété capit,t!i,tc. il ne saur.tir perdre de vue le caractère général, international, que le <lé,·cloppement mëmc des connaissances et par suite <les relations hu111aines a impri111é,tu problémc social. Ah! je s,tis avec quelle odieuse hypocrisie nos aJ,·ers.tircs ont ess,tyé <l"exploitcr contre nous l'entente internationale des tr.tvail leurs ! Eux, qui ne connaissent pas de frontii!rcs <lesqu'il s'agit de négocier <le fru.:rueux a.:cords entre agioteurs de toute race, ils ont poussé des cris de pudeur dfarouchée à la pensée que des travailleurs'qui ne parlent pas la même l,tnguc peuvent se réunir pour s'entretenir de leurs intén:ts communs. lis n'om p.ts cr.tint, ces patriotes, de jeter la patrie dans nos querelles intérieures comme un argument commode à la sauvegarde de leur eau.se. Mais le bon sens public a f.tit justice de ces impudentes manœuvres. Ce n'est p.ts dans cette réunion, où s·aflirment avec tant de force l'unité de pensée en même temps que Lt ,·,triété <l'aspect de notre pays, non, cc n'est pas ici que j'ai besoin de redire ,1ue jamais nous n·avons eu l'idée impie et folle de briser, de rejeter loin J~ nous cet incomparable instrument de progrès, matériel et moral, forgé par les sié.:lcs, qui s'appelle la patrie française. ;-..:on,,\ aucun moment, pas plus lorsque nous recevrons dans quelques jours, a,·,c la sympathie et le respect qui lui sont dus, Liebknecht, le combattant imlélcctiblc de l'idée socialiste, le vaillant défenseur du droit qui, en 1871, payait de s.1 liberté son admirable protestation contn! le crime de l'annexion de l'Ab.1.:e-Lorr.tine, que préparait le chancelier de fer; pas plus lorsque nous recevrons le d~puté allemand que lorsque nous nous rendrons dans quelques senuines au Congrès international de Londres, à aucun moment nous n'oublierons qu'en même temps qu'intcrnation.tlistes, nous sommes Français et patriote,. Patriotes et internationalistes, cc sont deux titres qu'avant nous les ancêtre, de la Révolution française ont su noblement allier. co:-;cLUSIOK Tels sont, citoyens, à mon avis, les trois points essentiels qui sont nécessaires et suffisants pour caractériser un programme socialiste : intervention de l'ttat pour faire passer du donuine capitaliste Jans le domaine national les divcrsl·s c,négories des moyens de production et d'éclldt1ge au fur et à mesure qu"dles ,bicnnent mùres pour l'appropriation sociale; - conquête des pouvoirs publics par le suffrage universel; - entente internationale des travailleurs. Qu'un tel programme menace les intérêts des hauts barons de l'agiotage et de la spéculation, c'est son honneur et c'est sa force. li ne frappe les grands que pour libérer les petits. Sa raison d'être, sa justification, c'est la défense de la libcrtc et de la propriété individuelle enlc,·écs il beaucoup, menacées chez tous p.1r les progrès ininterrompus de la féodalité de l'or. En dépit de toutes les calomnies, le suffrage universel a compris qui nous étions, cc que nous voulions, où nous allions. Chaque jour, il nous donne de nouveaux témoignages de sa confiance. Cette confiance, citoyens, nous impose de grands devoirs : nous s,turons les remplir. .. A l'heure où la France, écœurée de dix-huit années d'impuissance et de
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