La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LES RE\'ENDICAT!OKS OUVRIÈRES ProYidence. Les temps sont proches, où, désabusés des fallacieuses promesses Je la politique, les hommes compn:ndront que, au lieu de mettre toute leur espérance Jans un principe, Jans un sauYeur, Jans l'État, ils JoiYent être leur propre gonYcrncmcnt, leur propre li:gislatcur. Quand nous en serons là, nous aurons fait un grand pas \"ers la naie émancipation de l'humanitc et nous Ycrrons singuliüemcnt s'aplanir les difficultés qui irritent aujourJ'hni ks impatients, effraient les timorcs et di:couragcnt sou\·ent les meilleurs. Au fond, cc qui domine l'bat actuel, cc qui est Yraiment inquiétant, c'est la méconnaissanœ profonde Je b situation par ks partis en lutte. Cc qu'il importe Je faire, c'est d'éclairer ks uns et ks autres sur leurs Yéritables intérêts, c'est de montrer à tous, grands et petits, exploiteurs et exploités, que le saint est dans l'accord et non dans la lutte, que l'ayantage Je ch.icun est dans l'entente commune et non dans la « libre concurrence " et b riYalité. Qne de luttes inutiles, que de miscres désolantes, que de malheurs irréparabks nous pourrions eYiter si nous saYions mieux YOir la p1rt de nos m.rnx qui proYient de nos diYisions et tk notre a\euglement ! Sous cc r;1pport, rien ne nous semble d'un meillc ur augure pour l'aYenir de notre démocratie que l'organisation Je ces congres On\Ti<.!rsoù ks prolétaires apprendront à mi;.;ux connaitre Li gen.:s;.; th: leurs maux en les exposant, où ils prendront plus m.:ttement conscience tk kurs droits en ks discutant, et surtout où ils f<:ront ll'ur éducation de citon:ns u1 s'lubitu:tnt A débattre, ;\ peser ÏLs intén:ts et ks forces en conflit. « Le prolét,iri,H, dit un des rapporteurs, qui s'organise lentement pour ks conquètl.'s fmures, dont l'cduc,Hion politique, économique et sociale s;.; poursuit ;\ tran:rs le temps, connait mi<:ux aujourJ'hui ses intfri:ts et apprend ;\ lliscerner ses Hais amis et collaborateurs. Il sait les moyens à employer pour préparer son énuncip,ttion et faire de la République une n:alité ,·iyante. C'est sur lui seul, sur le sa\·oir qu'il acquerra, sur l'expérience qu'il a déj,\ acquise, qu'il doit compter, s'il entend s'affornchir de la suj.'.:tion séculaire sous laquelle il est encore courb.'.:. Le Yingti.:me siècle s'ounira pour lui comme une aube lumineuse aux jours du printemps. ]\lais il faut de rudes et pénibles préparations pour ks besognes futures à accomplir. « ConserYer son sang-froid, agir aYec certitude, ne rien tenter au hasard, consulter tbns les cas difficiles les pr.'.:cédcnts historiques, mettre à la raison ks impatients trop bruyants, prêts à toutes les délations et à toutes les calomnies, et, dans les moments fayorables, agir aYcc promptitude et résolution, telle nous parait ètre la ligne de conduite .\ suinc par h: prolétariat, s'il entend demeurer maitre de ses destinées et assurer la Yictoirc définiti\'e. " Aussi, appréciant les résultats du congres de Lyon, peut-on dire

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