622 LA REVL:E SOCIALISTE ---------------:--------------- conception est ingénieuse. Il s'agit d'un coin <le la question juiYe dans k grand monde. Remarquons tout <le suite qu'il y a gran<l monde et grand monde. En effet, :--.1l._Icnry La,·edan nous présentait récemment, d,111s riz•mrs, un riche fêtard, parfaitement clm'.:ticn, et nomrné Durand ou Du1~ont, qui s'affublait <lu nom de Salomon, afin de paraitre juif, ù c,rnse du prestige. Dans un autre grand mon<lc, coté <lu faubourg SaintGermain, i:;.::ttenH:me qualite de juif est, au contraire, mal portée, nous dit :\1. ;'\Llxime Gray. C'est i cc point que le marquis <le i\laltaux rougir de sa maîtresse Sarah, femme du baron <le Gugenfcl<l, laquelle est juiYe et ne sert pas de sandwiches a,·ec le the. Gugenfcld, <lcvcnu tres riche dans la banque, rougit lui-même tic sa juiverie, qui l'crnpêchc, parait-il, de pénétrer dans les grands cercles, et il est d'accor<l avec l'amant de sa femme pour convertir celle-ci, qui, pn'.:cisémcnt, résiste, car elle est att,1chée ,i ses croyances religieuses. \'raiment, je ne puis m'empêcher de remarquer ici combien c'est étrange qu'il y ait encore chez nous une question jui,·c et que certains soient antis<'.:mites et essayent de remonter le grand courant ck libertc et de tolérance créé par la R<'.:rnlution françai,e. J'entends bien cc qu'on me dit, en laissant :i pan la question religieuse, qui n'existe pas :i mes yeux; on me dit : « Il existe une catégorie de citoyens d'une r,1cc étrangi:re, quoique français de nation, qui sont unis entre eux par une intimité trcs étroite et qui, tout en respectant les lois :i la vérité, s'emcndent mieux que les autres hommes ,i en profiter pour acquérir la richesse et b puissance Cxccssi\'c qu'elle procure.,, Je \'Ois, en effet, cc mal et j'ai tous les jours l'occasion <le le constater. i\lais je n'en conclus nullement qu'il faille, comme on le \'CUt, injurier, proscrire, persécuter les Juifs et les exclure de la famille française. Le mal est dans la défectuosité de nos lois, qui permettent :i des citoyens, juifs ~u autres, d'accumuler entre leurs mains des fortunes trop considcrablcs et, par suite, de de\'enir un vcritabk danger pour l'indépendance du reste de la nation. Rien dc plus juste que cette obserYation. ;\-lais cc ne sont pas les Juifs tju'il faut combattre; c'est seulement, chose plus difficile, le systi:me economique qui permet de tels exci:s. ~'attaquez pas les personnes qui, apri:s tout, se soumettent aux institutions, mais changez Yotre rcgimc soci:il et faites des lois dont aucun citoyen ne puisse user pour opprimer les autres; la solution de la question juive est contenue dans celle <le la question sociale, dont elle n'est qu'un cas particulier. Telles ne sont pas, bien cntc~1du, ks idées du grand monde que nous présente 11. J.!nxime Gray. Soyez riche, il \'OUS accueille, et ne \"OUS fait pas la fameuse question : « d'oü vient l'argent? ,, Il Yous demande seulement d'avoir la religion clc tout le mon<le, religion décente, a\·ouable, qui permette de causer a\'t.'.Cvous du dernier sermon, ,J
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